RIEN À RACONTER

« J’ai visité ton blog et tu n’as rien écrit de nouveau. Que se passe-t-il? »
« Je m’adonne à la poésie », répondez-vous d’un ton moqueur.
Si vous racontiez votre emploi du temps pour justifier votre absence bloguiste, peut-être vous pardonnerait-on?
Vendredi 13 mars, 20 heures
Le grand débarquement chez votre refuge pour âme avec l’homme de votre vie. Pourquoi débarquement? Une fois de plus, votre voiture est pleine à craquer. Ne demandez pas ce que vous transportez, chaque voyage ressemble à un déménagement. C’est la vie de chalet dit-on.
21 heures

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Fiston, sa bien-aimée et ses trois moussaillons entrent en trombe dans l’enceinte de repos. Au même rythme, suit votre adorable neveu des « États » avec les quatre cousins, cousines de vos petits-enfants. La grand-tante fait le calcul. Ils sont sept de moins de 14 ans et vous voilà cinq adultes.
Chacun rejoint son aire de repos désigné, y dépose son sac à dos, son iPod, ses CD et DVD et son pyjama.

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« Vous prendriez bien un verre de lait et quelques “aéros” (biscuits favoris des moins de 18 ans) avant de vous retirer dans vos quartiers. Pour les adultes, la soirée est jeune, — dirait votre mère — un verre de blanc ou une bière? »
Pas de refus.
Samedi, 7 heures
Le soleil envahit la cuisine et la salle à manger pour ne pas dire le réfectoire. Le chef cuisinier est au fourneau (vous avez deviné?) son pain perdu arrosé de sirop d’érable et ses crêpes font sa renommée matinale.
8 h 30
Tout ce beau monde est prêt à dévaler les pentes en chantant : « bien mangé et bien bu, on a la peau du ventre bien tendue. » Vous nourrissez vos amours de chevreuils, sans oublier vos mésanges, et vos énormes corneilles puis, vous vous joignez au cortège, heureuse de guider vos périlleux acrobates sur les pentes abruptes classées losange noir. La journée passe. Il est 16 h 30. Votre troupeau plie bagage. Des amis les attendent. Vous reprenez votre souffle.
17 heures
L’ainé des deux fistons se pointe avec sa pitchounette. Même cérémonial. Le lendemain, la journée plein air se déroule en beauté. Vers cinq heures, votre fille chérie, la mère de quatre de vos petits-enfants, qui ne pourra pas célébrer la Saint-Patrick le jour même de la fête du saint patron (elle n’a pas le temps, elle travaille, elle) suggère que vous alliez tous boire une Guinness au Pub irlandais situé au vieux village Tremblant.
Géniale l’idée. Vous voilà en route.
Lundi 8 heures
Votre beau monde est retourné à son boulot. Les maîtres de céans se retrouvent à deux, comme au lendemain de leurs noces. Fidèle à vous-même, vous vous offrez quelques descentes sur vos pistes favorites puis, vers midi, vous enfilez vos vêtements « femme de carrière » pour aller siéger (à 127 km de votre porte) à un comité responsable de l’organisation des fêtes du 15e anniversaire de la Place des Aînés. En passant, c’est un endroit unique au monde. (N’exagères pas, mets-en pas trop diront les jaloux)
17 heures

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Mission accomplie. Vous reprenez la route et ses 127 km qui vous séparent de votre refuge adoré où votre moitié vous attend en compagnie d’amis invités à souper, coucher et skier le lendemain.
Mardi 8 heures

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Vous rejoignez sur les pentes votre groupe de joyeux lurons – membres du Club Ski Bon Âge — la camaraderie est au zénith. N’écoutant que votre joie de vivre, vous décidez alors d’inviter une vingtaine d’entre eux à prendre l’apéro « après-ski » chez vous, avant de vous rendre au pub irlandais célébrer cette fois la vraie Saint-Pat.
Dans vos temps libres, vous avez mis à jour la liste de vos invités — parents et amis — et confirmé leur présence. Ils sont 65 à avoir accepté votre invitation annuelle à la cabane à sucre.
En caravane, allons à la cabane.
Vendredi, 19 heures

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Vos invités sont réunis autour d’un repas gargantuesque. La fête va bon train. L’amitié est au comble. On se sert les coudes. On se colle les uns aux autres (l’expression est juste). Au menu : soupe aux pois, jambon à l’érable, bacon, fèves au lard, oreilles de crisse (croustilles de lard qui craquent sous la dent), pommes de terre rissolées, pain de ménage, le tout couronné de la « fabuleuse » omelette, suivi de «grands-pères au sirop, de pets de nonne (beignet soufflé et sucré de pâte à choux frite )et crêpes au sirop d’érable. Pour couronner le tout, l’irremplaçable tire d’érable sur la neige.

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22 heures
Retour dans votre refuge pour âmes. Un chevreuil vous attend. « Que fais-tu ici à cette heure? » comme s’il vous comprenait.
Voilà! Vous savez maintenant pourquoi mon blog était somnolant. Je n’avais rien à raconter.

8 commentaires sur “RIEN À RACONTER

  1. Quelle vie pleine de moments de bonheur avec les enfants et les amis et comme tu as bien raison de profiter de tous ces moments Alors tu es toute excusée de tes absences sur le blog Bises

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  2. Oh la la, que de bonnes choses, ça me rappelle mon voyage au Canada en 2006 et la fameuse cabane à sucre où nous nous sommes si bien amusés, j’ai gardé le souvenir aussi de sucettes au sirop d’érable confectionnée dehors sur un lit de glace, nous étions comme des enfants découvrant une friandise. Depuis j’ai toujours une bouteille de sirop d’érable à la maison pour sucrer mes yaourts ou d’autres desserts
    C’est quoi ce beau gâteau sur la dernière image, peux-tu nous en donner la recette tellement il paraît appétissant, ça te feras un sujet culinaire.
    C’est curieux de vous voir encore dans la neige, ici à Quimper nous avons un beau soleil et plein de fleurs
    Bisous

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  3. Coucou ensoleillé de Franche-Comté !
    Allo ! t’es où ?
    Ben ! là j’ai compris l’emploi du temps de la femme moderne , de la maman comblée et de la mamie énergique . Pis ça suffit tu me fais regretter de ne pas connaître ton beau pays , qu’elle dit la Comtoise avec l’accent d’chez elle (hi!) .
    Bonne journée de repos maintenant !
    Bizoux Françoise !

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  4. Bonjour Pierrette,
    Heureusement que tu n’avais rien à raconter, car tu le fais très bien. Je t’ai suivi dans ta semaine d’invitation et de partage d’amitié dans ta cabane à âmes. Tu sèmes la chaleur autour de toi et votre couple dégage du « positif » à des milliers de kilomètres ! Qu’est ce que ce doit être quand on est près de vous deux.
    Bises du grillon

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  5. je ne me lasse pas de la lecture de cette note qui sent si bon le Québec la famille, les amis et l’érable
    je m’inviterais volontiers
    1° – au pain perdu du petit déjeuner
    2° – à l’ambiance chaleureuse de la cabane à sucre
    3° – à la découverte des pentes glacées,
    Mais ce n’est qu’un rêve !
    merci de me faire partager, fanfan du Fatras

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