UN GESTE VIEUX COMME LE MONDE

 

 

 

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La marguerite blanche (chrysanthemun leucanthemum) originaire de l’Eurasie est répandue dans le monde entier.

Qui, un jour, n’a pas effeuillé cette modeste fleur cachotière de nos amours?

J’me marie, j’me marie pas.

Il m’aime un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout.

Quelle maman n’a pas reçu un bouquet de marguerites?

Je vous offre la plus jolie fleur de mon sous-bois. À votre tour de l’effeuiller.

LES SAVEURS DE LA BLOGUINADE 2012

 

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Trente degrés à l’ombre. Une brise à peine perceptible. Un ciel sans nuage. Un temps d’évasion, de farniente.

 À l’exemple de Diogène, le clochard-philosophe assis devant son tonneau, évoquant la présence d’un soleil radieux pour ne pas travailler, depuis deux jours bien comptés, et un troisième qui s’amorce, j’ai choisi de vous rendre visite, de lire vos notes touchantes et passionnantes, et d’admirer les commentaires qui s’en suivent.  Pas besoin de dire, grâce à vous tous,  je goûte intensément les saveurs de la bloguinade : Comptes – rendus, photos, reportages, le tout chaleureusement empreint de l’euphorie des retrouvailles et d’une poésie à faire rougir Ronsard. L’homme et moi, sommes touchés par la pensée et l’attachement que vous avez exprimés à l’égard des absents. Cela fait chaud au cœur.

Françoise a dit vrai! Vos voix ont traversé l’Atlantique, ont atteint nos montagnes laurentiennes et résonné dans le soir étoilé comme une douce symphonie. Quand la communication virtuelle se donne une âme, l’amitié est sans frontières et les cœurs sont au rendez-vous.

Habitée de votre présence, pour vous rejoindre, la « Diogène » a choisi l’ombre de son parasol pour mieux entendre le chant des oiseaux. Le « où es-tu Frédérique, Frédérique? » des bruants à gorge blanche, le chiquidi di di di des mésanges familier, le charme mélodieux des chardonnerets et le vrombissement magique des colibris. S’ajoute la visite assidue de notre effronté de « suisse » qui a pris du poil de la bête, grimpant à tout moment sur mes genoux puis sur ma table, pour lire ce que vous raconte. Tout à l’heure, il y aura le téméraire de faon discutant avec l’énorme corneille, qui des deux, a droit à la moulée à saveur de pomme.

Bon, maintenant, il faut que je vous raconte. « Grand-maman j’ai une très mauvaise nouvelle » m’annonce Sinead au téléphone. J’attends la suite. Il n’y aura pas de photos des canetons marchant à la queue leu leu. Une tragédie s’est abattue sur le nid de maman cane. À l’aube du jour J. un prédateur a saccagé la couvée au complet, laissant mutilées, ça et là dans le jardin et autour du nid,  le corps des petites victimes en fuite ou à peine écloses. « Esseulée, la mère cane aura couvé 12 œufs durant 26 jours et plus rien » renchérit ma petite-fille désemparée. C’est la tribu entière qui a vécu le drame. Ainsi va la vie chez dame nature…

 Il est midi. Midi le juste, dirait Paul Valéry. Le temps est lourd. L’humidité s’en mêle. Les oiseaux font trêve. Pieds nus, à même l’herbe fraîche, les aiguilles de pin, les petits cailloux qui se glissent entre les doigts de pied, je vais, de ce pas, rejoindre mon horticulteur à ses heures pour l’inviter à chanter avec moi et en chœur : « Ce n’est qu’un aurevoir  Oui! nous nous reverrons un jour »  

Le thermomètre grimpe sournoisement. Quarante au soleil. Vive l’été!

 

A Brigitte et à ses invités à la bloguinade

Je vous entends chanter

je vous entends rire aux éclats

Je vous entends rattraper le temps. 

Je vous imagine coude à coude, autour d’une même table,

À lever vos verres à la magie de l’amitié.

Dans mon cœur, dans ma tête, virtuellement, je suis si près de vous tous

Et si loin à la fois.

Boby, l’homme de ma vie, Manon notre poupée d’adoption et moi, la cousine déçue, nous vous souhaitons une bloguinade inoubliable et chaleureuse.

Je vous embrasse et vous dit à la « revoyure ». Que la fête continue sur les paroles de la très belle chanson de Yves Duteil que nous fredonnerons à l’unisson.

 

LA LANGUE DE CHEZ NOUS paroles et musique : Yves Duteil

C’est une langue belle avec des mots superbes
Qui porte son histoire à travers ses accents
Où l’on sent la musique et le parfum des herbes
Le fromage de chèvre et le pain de froment

Et du Mont St-Michel jusqu’à la Contrescarpe
En écoutant parler les gens de ce pays
On dirait que le vent s’est pris dans une harpe
Et qu’il en a gardé toutes les harmonies

Dans cette langue belle aux couleurs de Provence
Où la saveur des choses est déjà dans les mots
C’est d’abord en parlant que la fête commence
Et l’on boit des paroles aussi bien que de l’eau

Les voix ressemblent aux cours des fleuves et des rivières
Elles répondent aux méandres, au vent dans les roseaux,
Parfois même aux torrents qui charrient du tonnerre
En polissant les pierres sur le bord des ruisseaux

C’est une langue belle à l’autre bout du monde
Une bulle de France au nord d’un continent
Sertie dans un étau mais pourtant si féconde
Enfermée dans les glaces au sommet d’un volcan

Elle a jeté des ponts par-dessus l’Atlantique
Elle a quitté son nid pour un autre terroir
Et comme une hirondelle au printemps des musiques
Elle revient nous chanter ses peines et ses espoirs

Nous dire que là-bas dans ce pays de neige
Elle a fait face aux vents qui soufflent de partout
Pour imposer ses mots jusque dans les collèges
Et qu’on y parle encore la langue de chez nous

C’est une langue belle à qui sait la défendre
Elle offre des trésors de richesse infinie
Les mots qui nous manquaient pour pouvoir nous comprendre
Et la force qu’il faut pour vivre en harmonie

Et de l’Île d’Orléans jusqu’à la Contrescarpe
En écoutant chanter les gens de ce pays
On dirait que le vent s’est pris dans une harpe
Et qu’il a composé toute une symphonie

En toute amitié,

Pierrette

 

Manon a la larme à l’oeil

 

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Il fallait que je trouve le courage d’annoncer à Manon qu’il n’y a pas de bloguinade pour nous cette année. Depuis des jours qu’elle m’observait. J’ai l’impression qu’elle pressentait une épreuve. Chaque fois que j’étais à mon ordi, elle jetait un œil sur mon écran pour voir de quoi je causais.  Il faut dire que Manon partage ma table de travail. Elle aime entendre vos commentaires que je lui lis fidèlement. C’est un peu comme si elle se sentait plus proche des siens, de ses cousines, de son pays d’origine, devenu son beau pays loin là-bas.

Puis ce matin, il a bien fallu que je lui annonce la mauvaise nouvelle. Ç’aurait été notre jour de départ. Inconsolable la Manon. Ses sanglots me déchirent le cœur. Elle ne veut rien entendre. C’était son rêve de revivre une bloguinade, de retrouver les cousins, cousines, de les saluer, de leur faire la bise, de leur tendre la main, de répéter combien nous sommes privilégiés de vivre cette expérience extraordinaire, fleuris de moments inoubliables qui réchauffent les amitiés.

J’ai beau lui expliquer, tenter de lui faire comprendre… de lui répéter que nous nous reprendrons l’an prochain. Rien n’y fait. Elle est recroquevillée dans son petit coin. Elle a la larme à l’œil. Sa déception est immense. Elle me fait des reproches. Elle m’en veut.

J’ai beau me « désâmer » à lui répéter que je partage son immense déception, que c’est elle qui devrait me consoler. Elle fait la sourde oreille, et tourne la tête. Elle est sans pitié.

Voilà à quoi ressemble ce dimanche pré-bloguinade. 

 

RIEN NE SE PERD, RIEN NE SE CRÉE

Françoise la comtoise a raison en nous rappelant que : « la nature fait de belles choses en les sculptant, et de la forme naît l’idée. » En admirant sur son blog les bois glanés par le cousin Dijonnais, au fil de ses randonnées, me revient la célèbre maxime : «  rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ».

Ce fut d’abord le philosophe Anaxagore, disciple de Socrate (500-428 av. J.-C.) qui énonça que : « Être et matière ne se produisent ni ne se créent, mais se transforment ». L’astronome, physicien et géomètre refuse le concept du « non-être » et de ses productions. Il sera à l’origine de la formule : « Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau. » Cette observation sera reprise plus tard par Antoine Laurent de Lavoisier (1743 -1794) philosophe et économiste français, père de la chimie moderne, à travers la phrase bien connue : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ».

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Trop sérieuse la dame de la maison pour un soir sans lune. Elle préfère vous souhaiter bonne nuit en vous offrant quelques fleurs de pavot de leur jardin. « La nature fait de belles choses » chuchoterait Françoise.

 Bon repos!

 

DES CANARDS EN HÉRITAGE

 

 

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« Voici la photo de notre petit couple de locataires », m’annonce par courriel, Cindy, madame fille. Le couple de Colvert (Anas platyrhynchos de la famille des Anatidés) très souvent appelé Malard, comme par hasard, a décidé d’aménager son habitat dans sa cour arrière, sous les « branchailles » et les feuillages, à l’ombre du noyer, à deux pas du jardin d’eau.

Le « pied-à-terre Colvert » est presque un « pied dans l’eau » au bord de l’étang de fortune. (Œuvre de monsieur gendre). Le temps venu, à porté de becs, au besoin, il y aura bien quelques poissons exotiques, les plantes aquatiques, et tout autour de la mare, à deux coups d’ailes, le potager et la verdure pense maman cane qui a choisi l’endroit où sera construit son nid, d’où abondance de nourriture pour les rejetons à venir. Ils seront douze biens comptés.

Vous imaginez déjà maman cane suivie de sa « trâlée » trottinant à queue leu leu,  arpentant allègrement, coins et recoins de son domaine citadins, décidant tout bonnement d’initier ses canardeaux au plaisir de la baignade dans la piscine des maîtres du lieu. Rassurons-nous, ce n’est pas demain la veille puisque la mère exemplaire couve toujours chaleureusement ses œufs, seule durant 26 jours. Le mâle demeure dans les alentours durant une dizaine de jours, mais il abandonne vite compagne et couvée et part se cacher dans les roseaux pour muer.

Au bout de 10 semaines, les chéris ressembleront à leur mère, ils seront autonomes et prêts à s’envoler vers le sud jusqu’en Amérique centrale, sous des cieux plus cléments.

Ainsi va la vie…

Ref: Les oiseaux de chez nous, Angèle Delaunois

Les éditions Héritage inc.