
Dire que j’ai vécue cette journée sans savoir que c’était celle de la gentillesse.
Il faut que je vous raconte. Nous sommes au refuge. Dix-huit degrés au thermomètre, un ciel bleu à faire pâlir les nuages. Une brise ensorcelante. Sentant mes ailes se déployer, j’annonce à l’homme, la tête plongée dans sa généalogie : « Je vais faire quelques courses au village. » Je monte dans la voiture, je choisis Claude Dubois et son « Si Dieu existe » que j’écoute à tue-tête tandis que je roule. En route, sur ma gauche, il y a ce splendide lac, comme un miroir. C’est beau! C’est beau! chanterait à plein poumon notre Ginette nationale. Et vous savez qui s’y mire? Notre Massif Tremblant, de À à Z. C’est à couper le souffle.
J’entre dans le village. Merveille! On a « sorti » les décorations de Noël. J’ai bien mentionné les décorations de Noël et non les décorations d’hiver. (Les mots pour le dire…). En sortant de la chocolaterie, deux dames m’abordent souriantes et me posent, sans préambule : » Madame si vous pouviez, quelle faveur demanderiez-vous à Dieu? »
Je devine qu’elles appartiennent à une congrégation, qu’elles font leur boulot et je me dis. « Rien ne presse, je serai gentille et je me prêterai à leur exercice “de recrutement.”
Mais avant d’aller plus loin, vous voulez, savoir ce que j’ai répondu aux dames? La santé, pour pouvoir continuer à admirer les splendeurs qui nous entourent, car c’est beau ici. Elles étaient d’accord.
Par souci d’honnêteté, j’ajoute : “Je suis coriace et je vous le dis : à chacun sa vérité. Mais j’aime bien vous entendre”. Ce fut une rencontre très agréable et joyeuse. En regardant ma provision de chocolats, que je portais à bout de bras, mes deux dames sont reparties avec l’idée d’offrir des calendriers de l’avent à leurs petits-enfants. Pourquoi pas? C’est l’esprit de Noël après tout…

Deuxième arrêt, le marché d’alimentation. Dans le rayon des légumes, chaque fois que l’on s’arrêtait devant mon panier, enviant mon spectaculaire épi de choux de Bruxelles (le dernier à l’étalage), j’en profitais pour vanter ma recette : Saumon et choux de Bruxelles grillés à l’érable » un délice, rien de moins. De quoi leur mettre l’eau à la bouche ajoutant gracieusement la façon de faire et la liste des ingrédients que je connaissais par cœur.

Il fait beau, le ciel est toujours aussi bleu et la brise aussi agréable, pourquoi ne pas aller jeter un coup d’oeil du côté de la petite boutique devant laquelle je passe des centaines de fois sans jamais m’y arrêter.
« Je me présente en demandant à la dame : vous permettez que je m’offre le plaisir de visiter votre boutique pour découvrir les nouvelles tendances de la mode? » Au fil de la conversation, j’apprends qu’elle habite le vieux village de Tremblant, qu’elle adore la musique et les concerts. Nous parlons des prochains événements, de la neige à venir, du temps des Fêtes, de nos familles. Sur un au revoir amical, je reprends la route, le sourire aux lèvres, me promettant d’y remettre les pieds.
En longeant les golfs le Diable puis le Géant, plus vert que jamais, rêveuse, je me dis : c’est remarquable de voir combien les gens sont gentils, sans même douter que c’était la journée de la gentillesse.
Le soleil descend à l’horizon, les nuages sont revenus et le lac frémis.