
Trente degrés à l’ombre. Une brise à peine perceptible. Un ciel sans nuage. Un temps d’évasion, de farniente.
À l’exemple de Diogène, le clochard-philosophe assis devant son tonneau, évoquant la présence d’un soleil radieux pour ne pas travailler, depuis deux jours bien comptés, et un troisième qui s’amorce, j’ai choisi de vous rendre visite, de lire vos notes touchantes et passionnantes, et d’admirer les commentaires qui s’en suivent. Pas besoin de dire, grâce à vous tous, je goûte intensément les saveurs de la bloguinade : Comptes – rendus, photos, reportages, le tout chaleureusement empreint de l’euphorie des retrouvailles et d’une poésie à faire rougir Ronsard. L’homme et moi, sommes touchés par la pensée et l’attachement que vous avez exprimés à l’égard des absents. Cela fait chaud au cœur.
Françoise a dit vrai! Vos voix ont traversé l’Atlantique, ont atteint nos montagnes laurentiennes et résonné dans le soir étoilé comme une douce symphonie. Quand la communication virtuelle se donne une âme, l’amitié est sans frontières et les cœurs sont au rendez-vous.
Habitée de votre présence, pour vous rejoindre, la « Diogène » a choisi l’ombre de son parasol pour mieux entendre le chant des oiseaux. Le « où es-tu Frédérique, Frédérique? » des bruants à gorge blanche, le chiquidi di di di des mésanges familier, le charme mélodieux des chardonnerets et le vrombissement magique des colibris. S’ajoute la visite assidue de notre effronté de « suisse » qui a pris du poil de la bête, grimpant à tout moment sur mes genoux puis sur ma table, pour lire ce que vous raconte. Tout à l’heure, il y aura le téméraire de faon discutant avec l’énorme corneille, qui des deux, a droit à la moulée à saveur de pomme.
Bon, maintenant, il faut que je vous raconte. « Grand-maman j’ai une très mauvaise nouvelle » m’annonce Sinead au téléphone. J’attends la suite. Il n’y aura pas de photos des canetons marchant à la queue leu leu. Une tragédie s’est abattue sur le nid de maman cane. À l’aube du jour J. un prédateur a saccagé la couvée au complet, laissant mutilées, ça et là dans le jardin et autour du nid, le corps des petites victimes en fuite ou à peine écloses. « Esseulée, la mère cane aura couvé 12 œufs durant 26 jours et plus rien » renchérit ma petite-fille désemparée. C’est la tribu entière qui a vécu le drame. Ainsi va la vie chez dame nature…
Il est midi. Midi le juste, dirait Paul Valéry. Le temps est lourd. L’humidité s’en mêle. Les oiseaux font trêve. Pieds nus, à même l’herbe fraîche, les aiguilles de pin, les petits cailloux qui se glissent entre les doigts de pied, je vais, de ce pas, rejoindre mon horticulteur à ses heures pour l’inviter à chanter avec moi et en chœur : « Ce n’est qu’un aurevoir Oui! nous nous reverrons un jour »
Le thermomètre grimpe sournoisement. Quarante au soleil. Vive l’été!