Il fallait que je trouve le courage d’annoncer à Manon qu’il n’y a pas de bloguinade pour nous cette année. Depuis des jours qu’elle m’observait. J’ai l’impression qu’elle pressentait une épreuve. Chaque fois que j’étais à mon ordi, elle jetait un œil sur mon écran pour voir de quoi je causais. Il faut dire que Manon partage ma table de travail. Elle aime entendre vos commentaires que je lui lis fidèlement. C’est un peu comme si elle se sentait plus proche des siens, de ses cousines, de son pays d’origine, devenu son beau pays loin là-bas.
Puis ce matin, il a bien fallu que je lui annonce la mauvaise nouvelle. Ç’aurait été notre jour de départ. Inconsolable la Manon. Ses sanglots me déchirent le cœur. Elle ne veut rien entendre. C’était son rêve de revivre une bloguinade, de retrouver les cousins, cousines, de les saluer, de leur faire la bise, de leur tendre la main, de répéter combien nous sommes privilégiés de vivre cette expérience extraordinaire, fleuris de moments inoubliables qui réchauffent les amitiés.
J’ai beau lui expliquer, tenter de lui faire comprendre… de lui répéter que nous nous reprendrons l’an prochain. Rien n’y fait. Elle est recroquevillée dans son petit coin. Elle a la larme à l’œil. Sa déception est immense. Elle me fait des reproches. Elle m’en veut.
J’ai beau me « désâmer » à lui répéter que je partage son immense déception, que c’est elle qui devrait me consoler. Elle fait la sourde oreille, et tourne la tête. Elle est sans pitié.
Voilà à quoi ressemble ce dimanche pré-bloguinade.