QUAND LA VIE N’A PAS D’ÂGE

Une Australienne, Olive Riley, décrite comme étant la plus vieille blogueuse au monde, meurt le 12 juillet dernier, à l’âge de 108 ans, après avoir livré son dernier message, encourageant les visiteurs de son blogue « à chanter des airs joyeux. »
De février 2007 à ce jour, Madame Riley avait livré plus de 70 notes sur son blogue, partageant ses impressions et ses réflexions sur la vie moderne et ses expériences vécues tout au long de trois siècles d’existence.
Outre ses centaines de descendants, parents et amis, la blogueuse centenaire laisse dans le deuil des milliers d’internautes avec lesquels elle entretenait des liens continus.

À QUEL MOMENT EST-ON TROP VIEUX?

POUR ACCÉDER À LA PRÉSIDENCE?
25 années séparent John McCain, 72 ans, de Barak Obama, 47 ans.
L’âge est-il un élément déterminent qui influence le vote des électeurs?
« Vous ne craignez pas de mourir avant la fin de votre mandat, ou de contacter une maladie qui affectera votre jugement? » lui demande un étudiant en communication.
POUR PARTICIPER AUX JEUX OLYMPIQUES DE PÉKIN
La mère de famille et nageuse Dara Torres sera l’une des athlètes âgées de plus de quarante ans.
Ce que les gens oublient, c’est que la personne qui a atteint ce niveau de performance ne va pas simplement aux Jeux olympiques pour y participer, elle s’y rend pour gagner.
Elle a développé un esprit de champion qui n’a pas d’âge.
POUR VIVRE AU-DÉLÀ DE 100 ANS?
« À condition de le vouloir et de croire que cela en vaut la peine » dira George Foreman.
Prolonger l’autonomie, la santé et le bien-être est le présent défi à relever.
À QUEL MOMENT EST-ON TROP VIEUX?
Question qui a retenu mon attention et que posait le National Post, dans sa livraison d’aujourd’hui, en citant les candidats à la présidence américaine, la nageuse olympique et une personne âgée.
Le message qui découle des témoignages est le même. Que ce soit celui de John McCain, de George Foreman ou de Dara Torres.
Les personnes âgées qui deviennent obsédés, parce qu’elles ne devraient pas faire ou plus faire en viendront, avec le temps, à ne plus rien faire. Il faut plutôt nous intéresser à savoir ce que nous voulons faire et oser le faire : réaliser un rêve; relever un défi de taille; atteindre un objectif; aller même jusqu’à bâtir un projet d’avenir.
À QUEL MOMENT EST-ON TROP VIEUX?
Lorsqu’elle avait 76 ans, on chuchotait dans le dos de mon amie, chroniqueuse gastronomique, qu’à son âge, elle devrait cesser d’exercer son métier. Elle en a 80 et ne cesse d’assouvir cette passion.
À 79 ans, ma cousine a changé sa voiture pour un modèle sport, au grand désarroi de la famille qui craignait pour sa vie et celle des autres. À 84 ans, elle se rend encore, hiver comme été, une fois par mois, dans son village natal, situé à 250 km de sa demeure, pour aider les paroissiens à rédiger l’historique de ce coin de pays.
Laurent avait 75 ans à l’achat de son ordinateur. « À ton âge, tu devrais te reposer. » Il en a 81, navigue sur le net, a créé son propre blogue et rédige sa généalogie. Il est abonné à Skype, communique avec ses enfants et petits-enfants et il est heureux comme un roi.
À 70 ans Raymond terminait son mandat d’administeur (bénévole) au sein d’un important organisme destiné aux aînés. Trois ans plus tard, il acceptait une mise en candidature au poste de président, malgré ses 73 ans bien sonnés. Depuis, il préside le conseil d’administration avec une vigueur et une rigueur exemplaires, veillant ainsi au succès de l’entreprise.

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Menie Grégoire lors de la parution de son livre: « Nous aurons le temps de vivre« Plon.
Ä la veille de poser un geste appelé « Notre grande folie » accompagné d’un certain questionnement et d’un « devrais-je à mon âge? » Mon éternelle amie, Menie Grégoire, qui a publié en 2007 « Comme une lame de fond » (Calmann-Lévy) me répond tout de go : « J’écris encore. Je suis sur la vie d’une des héroïnes de la guerre des Vendéens contre la révolution de Danton et de Robespîerre. Superbe histoire, roman à peine croyable. (La Vendée, c’est mon pays, je ne l’ai quitté qu’à 20 ans pour la Sorbonne). Mettez dans votre tête, ma chère petite sœur, qu’à l’approche de 90 ans, on est encore soi-même. Il suffit de refuser de ne pas se lever le matin, de ne pas vouloir vraiment céder à toutes les petites misères et surtout, ma chère Pierrette, n’écoutez personne qui vous encouragerait à vous diriger paisiblement vers la vie de vieillards!»
À QUEL MOMENT EST-ON TROP VIEUX?
Question morbide s’il en est une. J’attends vos commentaires et souhaite qu’ils soient nombreux.
Vive la France en ce 14 juillet 2008 et Bonne Fête à vous tous!

C’EST UN GRAND JOUR POUR ÉRIC ET CAROLINE

Demain, nous assisterons à la cérémonie de mariage de notre petit-fils Éric avec Caroline qui aura lieu à la très belle Chapelle Notre-Dame-De-Bon Secours, situé dans le Vieux-Montréal.

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« Et le mariage, maître? »
Et il répondit en disant :
« Vous êtes nés ensemble, et vous serez ensemble pour toujours.
Vous resterez ensemble quand les blanches ailes de la mort disperseront vos jours,
Oui, vous serez ensemble, jusque dans la silencieuse mémoire de Dieu.
Mais qu’il y ait des espaces dans votre communion,
Et que les vents du ciel dansent entre vous.
Aimez-vous l’un l’autre, mais ne faites pas de l’amour une entrave.
Qu’il soit plutôt une mer mouvante entre les rivages de vos âmes.
Emplissez chacun la couple de l’autre, mais ne buvez pas à une seule coupe.
Partagez votre pain, mais ne mangez pas de la même miche.
Chantez et dansez ensemble, soyez joyeux, mais demeurez chacun seul,
De même que les cordes du luth sont seules cependant qu’elles vibrent de la même musique.
Donnez vos cœurs, mais non pas à la garde l’un de l’autre.
Car seule la main de la Vie peut contenir vos cœurs.
Et tenez-vous ensemble, mais pas trop proches non plus:
Car les piliers du temple s’érigent à distance,
Et le chêne et le cyprès ne croissent pas dans l’ombre l’un de l’autre.
Khalil Gibran,
Le Prophète
Eds. Casterman

CES IRREMPLAÇABLES ALBUMS PHOTOS

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À voir vos « Amours » tête contre tête, au-dessus d’un album photos relatant des moments inoubliables de leur enfance, dévoilant tantôt un côté caché de leur illustre paternel, tantôt la grâce exquise de leur mère au temps de son adolescence, tantôt le visage d’aïeuls disparus, il est difficile de résister à la tentation de saisir cette scène touchante pendant que s’éveille en eux un sentiment d’appartenance.

« De toutes les usines, c’est la famille qui produit ce qu’il y a de plus important »Gilbert Cesbron

Un soir, bien au chaud, à l’abri du vent, de la neige et du froid, vous dénichez vos précieuses boîtes à souliers remplies d’irremplaçables photos. Grâce aux souvenirs qu’elles évoquent, se déroule tendrement le fil de votre vie.

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Auriez-vous pu imaginer à l’époque (1968) que vos trois adorables frimousses: Patrick, Cindy et Lawrence, en admiration devant le Rocher Percé, vous offriraient quarante ans plus tard, en 2006, à l’occasion de votre cinquantième anniversaire de mariage, la photo d’une magnifique gerbe de petits-enfants?

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Éric et Iseult,Sinead, Fiona, William, Anthony et Tanya, Rachel et Guillaume

UN VALENTIN POUR VOUS

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Parce que ce sera la Saint-Valentin dans quelques jours, si vous me permettez, je soulignerai cette Fête à ma manière, en vous racontant une anecdote que je garde en mémoire et qui me revient à ce moment précis de l’année.
Le récit se passe durant un certain mois de février du siècle dernier. Nous sommes en Italie. Vous devinez que je suis en compagnie de l’homme de ma vie. Nous célébrons, à l’époque, notre vingtième anniversaire de mariage. Aujourd’hui, ce 11 février, nous célébrons notre cinquante-deuxième anniversaire de vie à deux.
Ne nous égarons pas. Je reviens à notre voyage. Toujours est-il, qu’en cours de route, nous décidons de faire une halte dans une petite ville fort charmante nommée Gaète,
Tandis que nous cherchons un coin ombragé et frais, mon touriste de mari aperçoit, tout au bout du chemin, sur une sorte de promontoire, une église de style gothique avec un certain nombre de survivances romanes.
« Allons voir de plus près », suggère le curieux. Bras dessus, bras dessous, nous escaladons la pente sablonneuse qui nous conduit à l’église aux portes grandes ouvertes.
Éblouis à cause du soleil trop ardent, l’intérieur nous paraît d’abord complètement obscur. La fraîcheur qui se dégage du vieux temple et son silence nous attirent. À mesure que nous avançons vers la nef, nos yeux s’habituent à la douce pénombre et nous découvrons peu à peu l’impressionnante sobriété qui caractérise les lieux.
À droite du Maître-Autel, une madone byzantine datant du 13e siècle. À ses pieds, des douzaines de cierges brûlent lentement. Nous nous arrêtons un moment, fascinés par toutes ces petites flammes qui dégagent une intense chaleur.
Tout est calme. J’entends mon cœur battre et j’ai l’impression de sentir celui de l’homme de ma vie à travers ses doigts joints entre les miens.
C’est merveilleux de penser que depuis des siècles, des milliers d’hommes et de femmes, se sont arrêtés un moment dans cet endroit paisible, peut-être comme nous, par curiosité, sans trop savoir pourquoi. Il nous semble que les murs et l’atmosphère sont encore imprégnés de leurs prières et de leur présence. Nous nous sentons ralliés à eux par une force mystérieuse.
Tous ces cierges qui brillent dans la pénombre nous invitent à unir nos espoirs à ceux qui les ont allumés. “Allumons-en un”, chuchote mon amoureux.
Aussitôt, il retire un beau cierge blanc du fond du grand panier de jonc et me le tend. Nous l’allumons à même un autre cierge. Voilà notre trophée coiffé d’une jolie flamme claire et scintillante.
Alors que nous contemplons, ravis, la petite flamme qui danse toute joyeuse et savourons la richesse du moment, la petite flamme se met à pâlir, à vaciller et devient bleuâtre. Pour une seconde je crois qu’elle va mourir.
Aussitôt, mon mari saisit le cierge pour aviver la flamme à l’aide du cierge voisin.
Nous hésitons à partir craignant qu’elle s’éteigne. De nouveau la flamme se met à ondoyer. Plein de patience et de délicatesse, à nouveau, il manie tendrement la cire tiède pour dégager la mèche “il faut parfois lui aider… c’est un peu comme çà dans la vie… » murmure l’homme presque pour lui seul,
En observant le geste, j’ai réalisé l’importance des efforts que nous devons déployer pour protéger et raviver le feu de l’amour.
Nous sommes demeurés quelques instants à admirer la petite flamme d’un beau jaune foncé. Puis, rassurés, nous avons remonté l’allée, main dans la main, comme toujours.
Le soleil nous attendait sur le parvis.
JOYEUSE SAINT-VALENTIN

CES CALENDRIERS QUI FONT L’ÉVÉNEMENT

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Ouf! Je viens de terminer ma délicieuse « corvée » annuelle du mois de novembre qui consistait de déposer dans 264 petites pochettes de satin, 264 chocolats enrobés dans de jolis papiers de circonstance et ce, après les avoir minutieusement choisis, chez autant de boutiques qu’il faille de chocolats. (j’exagère)

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Vous avez deviné! Il s’agit de « Calendriers de l’Avent »
Onze calendriers comptant vingt-quatre pochettes chacun pour les vingt-quatre jours qui précèdent la fête de Noël. Tout ce branle-bas, pour que mes héritiers (neuf petits-enfants et deux conjointes) l’aient en main le premier décembre au matin, comme il se doit.
Des calendriers de l’Avent qui ont une histoire…
Viens voir! (C’est un ordre que je lance à l’homme de ma vie) nous sommes en 1997, en plein cœur de Vienne en Autriche. Vienne dans toute sa splendeur se prépare à célébrer Noël.
« Viens voir ce que j’ai vu! »
Me connaissant, le touriste appréhende déjà le pire. Il est méfiant. Il en a vu d’autres. Dans les années 75, j’ai rapporté de Paris (à l’époque c’était permis) un canari frisé parisien (vivant) dans une minuscule cage. Nous avions le mâle à la maison, il fallait lui trouver une femelle. Au fait, c’est mon éternelle amie Menie Grégoire qui fit appel sur les ondes aux éleveurs d’oiseaux pour dénicher la compagne ailée et baguée. Merci Menie.
Je ne vous parle pas de la roche (de la grosseur d’un ballon de foot) provenant du Vésuve, (je collectionne les objets lourds) encore moins de l’abat-jour Tiffany que je rapporte avec mes bagages à main et qui fait l’admiration des hôtesses de l’air.
Regarde, tu vois? (Le ton est ferme) des calendriers de l’Avent en bois adorablement sculptés et peints. Ils sont magnifiques. Irrésistibles!
Quel beau souvenir de voyage à offrir à nos petits-enfants? Nous pourrions même en acheter un ou deux de plus au cas…
Il fallait voir la mimique de celui qui partage ma vie. On aurait cru qu’il pressait un citron.
Le statisticien à ses heures se cambre puis se met à calculer sur le champ, le poids de la trouvaille et l’espace que les trésors occuperont dans les bagages. « Chaque contenant mesure 46.5X32.5X2.5cm) Énorme! Oublions le poids. Je pense aux paroles de la célèbre Charlotte prie Notre-Dame qui veut aider la Vierge … “Un enfant c’est lourd à la fin…”
Ce que femme veut, Dieu le veut, il y a longtemps que mon touriste le sait. Voilà pourquoi, dix ans plus tard, chaque année, je répète le rituel avec le même émerveillement.
Demain, accompagnée de mon éternel compagnon, nous ferons la livraison des calendriers de l’Avent tout fins prêts. Comme la tradition le veut, en remettant le joli colis, j’ajouterai d’une voix matriarcale : n’oubliez pas la consigne : un chocolat par jour. Il est interdit d’en sauter un ou de manger le chocolat du lendemain. Encore moins de piquer celui d’un autre.
Serait-ce tout simplement pour faire plaisir à leur vieille grand-mère qu’ils se prêtent aussi gentiment à son jeu? Je préfère croire que c’est pour sauvegarder une tradition familiale qu’ils perpétueront au sein de la tribu ad vitam aeternam.
L’avenir le dira.

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1997 William, 3 ans, septième de la tribu, reçoit son premier calendrier de l’Avent
On raconte que cette tradition d’origine germanique créée par un père de famille pour canaliser l’impatience de ses enfants fit le tour du monde.
Le premier calendrier de l’Avent remonte aux années 1851. Il était composé de 24 chandelles. 1903 marquerait l’année de la première impression des calendriers de l’Avent. Ils furent insérés dans les journaux en guise de cadeaux aux lecteurs.
Durant la guerre, on cessa la production des calendriers à cause de la rareté du carton et l’interdiction d’imprimer des calendriers illustrés de photos couleur. Il faudra attendre 1946 pour leur retour sur le marché.