NOTRE JARDIN DU MATIN

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Un yucca qui s’en donne à coeur joie.

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Le fusain reprend du poil de la bête en présence de mon hosta fringant.

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Le jour se lève à l’ombre de notre érable

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Les premières framboises de la saison

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L’abricotier se gorge de soleil.

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Les petites prunes à confiture.</strong

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Bon samedi à tous sous le regard attendri de ma corbeille de fleurs.

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Comme un oiseau…Sinead grimpée dans le pommier vous souhaite de bonnes vacances.

COUCOU, JE SUIS ENFIN LÀ

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Ce soir, je pense à vous tous. Je viens de visiter vos blogs et je me reproche de ne pas vous livrer une note.
Nous arrivons tout juste de Grèce, de Turquie et d’une croisière dans les îles. Nous avons craqué sous la splendeur des Météores et de leurs monastères. Tradition oblige (325 marches plus tard), j’ai photographié le cierge que j’ai fait brûlé à l’intention des gens que j’aime.

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Les pitchounettes Rachel et Tanya et les heureux grands-parents.

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Ce coucher de soleil, je l’ai capté en pensant à vous, chers amis blogueurs.

QUAND LE BATEAU S’EN VA

Vaut mieux rire en ce matin pluvieux. Voici le souvenir d’une aventure qui remonte à quelques lunes et déjà parue sur le site http://www.riaq.ca
Le bateau de notre fille repose en cale sèche, c’est-à-dire dans notre garage depuis plus de deux ans. Il n’est pas seul. Juché au plafond sommeille aussi un catamaran, propriété de notre fils.
Depuis que nous sommes retraités, nous avons troqué notre fougueuse Mercedes, qui, soit dit en passant, ne répond plus à notre style de vie et caprices, pour une robuste Volvo Cross Country traction intégrale.
« Nous voilà en voiture! » Affirme mon mari le jour de l’acquisition. Fier de son choix, il fait même poser une attache au cas où nous en aurions besoin.
Depuis, c’est le ravissement total. L’hiver : skis, bâtons, chaussures, vêtements de rechange tout s’y loge. L’été : vélos, sacs de golf, frigo pour les breuvages, gréement de pêche, cette fois encore, vêtements de rechange. Rien ne manque.
Tout à l’heure, je vous disais que la voiture était munie d’une attache. Vous avez deviné la suite? Le bateau. C’était bel et bien pour haler un bateau. Lequel? Celui-là même qui est en cale sèche. Le bateau de fifille.
Enfin la Volvo allait donner son plein rendement. Haler un engin de 16 pieds, spécialement conçu pour faire du ski nautique. Moteur 135 forces, double coque pour prendre les vagues en toute sécurité, vitesse de croisière pouvant atteindre 50 km heure et plus…
La jouissance totale. Je vois encore mon mari entrain de ligoter le joujou sur la remorque. Dieu qu’il a l’air heureux mon matelot de jeunesse ayant parcouru les mers des cinq continents. Mon pêcheur du dimanche en chaloupe à rames sur des eaux tranquilles.
Les réservoirs sont pleins, les rames sont à bord, les gilets de sauvetage et les multiples gogosses, le gréement en terme marin. Nous répondons véritablement aux exigences des agents de la garde côtière. Rien ne manque ou si peu…
Si peu? L’habitude, l’entraînement, la répétition du geste. L’habitude de mettre un bateau à l’eau en deux temps. Il faut dire que nous ne sommes pas seuls à la marina et que les gens sont pressés.
Nous y voilà! L’endroit est magnifique! Tellement magnifique qu’une horde de petits vieux y vient quotidiennement. Assis sur leur chaise de toile Canadian Tire, une bouteille ravigotante à la main. Leur plaisir? Juger du savoir-faire des bateliers et ajouter des commentaires pas toujours flatteurs. Vous pouvez me croire. Juste à les voir, vous attrapez un complexe. S’ils étaient à votre place, eux, ils sauraient comment faire.
Larguer les amarres chante Vigneault. Ce n’est pas encore le cas. Mon capitaine de mari doit reculer et la Volvo et la remorque qui porte le bateau jusqu’à ce que les roues de cette dernière baignent dans l’eau. Plus que jamais, mes marins de baignoire sont aux aguets. Il faut les voir, le sourire en coin. « Y’é pas à l’eau! » commente l’un d’eux.
Vous savez comment ils nous appellent? Marins de fossé. Je les ai entendus.
Il y a des lunes que nous ne pratiquons pas ce genre d’activité…Il faut retrouver l’habilité. Un petit coup de roues à droite, pendant que la remorque va vers la gauche. Pour corriger, un petit coup de roues à gauche, et la remorque repart vers la droite. Et on recommence. Un quart d’heure plus tard, capitaine retrouve enfin ses talents de jadis et docilement notre bateau suit sa trajectoire et se retrouve le derrière à l’eau. En terme marin, la poupe à l’eau..
Je préfère la poupe, car il faudra éventuellement que la proue y soit aussi. Nous avons oublié que l’objet de plaisance est encore relié au treuil de la remorque. Pour bien faire, nous aurions dû donner du mou au cordage pour que le bateau quitte gentiment son transporteur et flotte de ses propres ailes. Cela aurait été si facile!
Pendant que mon pauvre homme manœuvre, je jette un regard vers la brochette mâle qui, elle, nous regarde du coin de l’œil. Ils ont l’air de bien s’amuser. Chacun y met son grain de sel. J’imagine qu’ils se croient au Casino entrain de gager combien on mettra de temps.
Mission accomplie dirait mon petit-fils en voyant la carène, c’est à dire l’ensemble de la coque finalement immergée.
Le pilote retourne stationner la voiture et la remorque pendant que je retiens par les cordages notre dauphin au quai. Je sens la présence des regards. Ils sont six ou huit autant de paires d’yeux moqueurs S’il fallait que le moteur ne démarre pas? Vous voyez d’ici le spectacle? J’ose une petite prière au saint patron des marins dont j’ignore encore le nom. C’est l’intention qui compte aurait dit ma mère.
Capitaine revient d’avoir garé le transporteur, monte à bord de l’embarcation, s’installe au volant, avant de donner ses ordres au mousse. Le mousse c’est moi.
Priorité : démarrer le135 forces. Mon Dieu faites que…j’entends un toussotement. Puis rien. J’implore encore une fois le saint-patron des marins que je ne connais toujours pas. Un deuxième toussotement. Puis dans un bruit d’enfer, l’engin se met en marche, gronde, fait du remous, laisse aller une petite fumée presque blanche. Ça marche! Merci mon Dieu et le saint demeuré inconnu.
C’est ici que ma fonction de mousse entre en jeu. Vite je détache les cordages retenus au quai, et je saute dans l’embarcation qui déjà veut prendre le large. Avant même de m’asseoir, d’une main de médaillée d’or, j’adresse un au revoir à mes spectateurs en fredonnant la chanson de circonstance: « Quand les bateaux s’en vont… ».
Rien à voir avec les canaux de Venise ou les écluses du Canal Lachine. Sur la Rivière des Prairies, on roule. Les Bombardiers, les Ceci, les Cela nous croisent à des vitesses vertigineuses. On se croirait sur l’autoroute 15. Nous n’avons pas trop de quatre yeux pour voir venir les bouées rouges ou vertes. Capitaine me parle de tribord et de bâbord. Moi qui ai de la difficulté à reconnaître ma gauche de ma droite ça promet.
Le calme revient. J’identifie les bouées. Nous découvrons un aspect de notre chez-nous jusqu’alors inconnu. C’est magnifique! Incroyable. À deux pas des mégas centres commerciaux, imaginez! Nous pouvons voguer sur des eaux calmes, l’expression est quand même un peu forte. Dire qu’à moins de quelques kilomètres de la maison, nous découvrons la vie aquatique, la faune, la flore, la nature en trois dimensions. Nous flottons d’aise et de joie imaginant une île déserte, un déjeuner sur l’herbe. Un petit fromage et une baguette avec ça?
Le temps coule. Pour éviter l’affluence des plaisanciers, il faudrait bien revenir sur terre. Regagner le rivage. C’est la sagesse qui parle. Avant de faire demi-tour, capitaine regarde au loin et projette notre prochaine randonnée. Les rapides du cheval blanc que nous traverserons entre les bouées le moteur à plein régime.
Le soleil dans le dos, nous revenons à notre marina. Home Sweet Home.
Pas si simple la rentrée au bercail. Il faut voir… Chaque fois que nous approchons assez près du quai pour accoster, le courant intervient et nous en éloigne. Et, chaque fois, nous repartons allègrement, faisant un tour sur nous même et tentant à nouveau l’épreuve.
Mes voyeurs sont là, assis en rang d’oignons. Plus nombreux qu’au départ. Je suis certaine qu’ils se sont passé le mot et attendent notre retour pour se payer une bonne dose de rire. C’est ajouté au nombre, un genre de pirate Maboule. Lui, il est tout près du quai pour mieux voir. Il nous observe avec un sourire moqueur. Front caché sous un Tilley couleur kaki, vêtu des genoux à la tête du même ton. Visage recouvert d’un five o’clock shadow. Passablement bronzé. Il nous attend. Il est même près à nous porter secours.
Si besoin il y a.
Enfin le courant a lâché prise. Le maître après Dieu a vaincu les éléments. Nous voilà, à quelques centimètres du quai. Pour la première fois, assez près pour m’y agripper d’une main ferme. Capitaine éteint le moteur et moussaillon saute hors du bateau, attrape les cordages et teste ses connaissances de matelotage. Enfin, tout semble sous contrôle. Pour l’instant. Les vieux ont raison : Notre adorable embarcation n’est pas sortie de l’eau…
Pirate Maboule s’approche pour nous féliciter : « Quand je vous ai vu tourner en rond, les cheveux droits sur la tête – en parlant de la tête de mon mari,- et la dame,- en parlant de moi,- jouer activement avec les cordages et les bouées, je me suis dit : Voilà des pros. Ils savent comment faire pour amarrer. »
Il ajoute en me regardant de son air toujours aussi moqueur: « Si j’avais de l’aide comme ça, moi aussi je ferais du bateau. »
Vaut mieux en rire. Je regarde Monsieur Sans-Gêne droit dans les yeux et je risque : « Il me semble que je vous connais. »
« Oui » dit-il . Le ton ne sème aucun doute.
C’est lui sans son accoutrement de ski, c’est lui aux randonnées pédestres, c’est lui aux randonnées de vélo. C’est lui, Conrad que j’ai eu du mal à reconnaître sous son chapeau enfoncé jusqu’au yeux.
L’amitié est à son comble. On se fait la bise, on rit aux éclats. On se fout des petits-vieux, tandis qu’eux n’ont rien perdu de la scène des retrouvailles. Désormais, ils attendent de pied ferme la sortie de l’eau.
Voilà la remorque suivie de la Volvo amorçant la descente de l’embarcadère qui me paraît passablement abrupte.. Le pire est à venir.
Dans son for intérieur, j’imagine que le marin au volant redoute le moment ultime, celui de remonter tout en douceur le bateau sur la remorque.
Plutôt que de démarrer le moteur de l’embarcation, – s’il fallait cette fois qu’il ne démarre pas – et de se mettre une fois de plus en orbite pour enfin rentrer à bon port, nous décidons: capitaine, mousse et pirate, d’y aller manuellement en le tirant par les cordages jusque sur la remorque. J’ai bien dit : Sur la remorque.
Il s’agit pour cela d’orienter la proue en direction du treuil. D’y incérer ensuite le crochet dans l’anneau du bateau et de bobiner le cordage..
Un bateau c’est construit pour flotter et, bien que noué à la remorque, le nôtre continu à flotter allègrement au-dessus de celle-ci. lâchement ancrée au fond de l’eau n’étant pas conçue pour flotter. Vous voyez ce que je veux dire?
Bien que retenue par la proue, la poupe du bateau s’en donne à cœur joie et passe de gauche à droite au-dessus de la remorque comme un balancier d’horloge sans jamais s’arrêter.
Mon matelot de mari et son assistant, dans l’eau jusqu’à la ceinture, ce qui n’était pas prévu, tentent en vain de mâter l’indomptable.
Une idée de génie leur vient à l’esprit : demander au mousse, le mousse c’est encore moi, de monter à bord, d’empoigner une rame, de l’enfoncer autant qu’il se peut pour que notre balancier cesse ces ébats tandis qu’ils le mobiliseront sur la remorque comme il se doit.
Dans ces moments cruciaux, obéissance exige. Il m’a faut grimper sur la coque, ramper, c’est toujours à plat ventre que l’on rampe, jusqu’à ce que je puisse plonger dans les entrailles de l’embarcation et passer à l’acte.
Ici, je vous arrête. Prenez un moment, fermez les yeux et imaginez ma brochette de «Mon oncles» assis dans leur Canadian Tire . Ils sont au Cirque, rien de moins et c’est gratuit.
« Rame, rame, rame » s’exclament en cœur les bateliers de la Volga, toujours en tentant de ramener la quille vis-à-vis son présentoir. Il leur vient une autre idée. La bonne cette fois. Retourner dans la Volvo, faire marche avant, juste ce qu’il faut de façon à ce que la remorque soit un peu moins dans l’eau. Faute d’eau, le poisson se résignera bien à monter à bord. L’opération fut un succès. Il fallait y penser!
« Vous n’aurez pas besoin d’aller à la Gym aujourd’hui » me lance audacieusement l’un de ceux qui suivit religieusement les ébats de la rameuse.
Plutôt que de m’offusquer, je rejoins ma brochette de septuagénaires, leur explique que nous sommes maintenant retraités, que nous avons soixante-quatorze ans, et décidés de faire outre du ski, du vélo, et de la randonnée pédestre; du-ba-teau.
Fini les moqueries, ils deviennent tout à coup fort sympas. Ils en profitent pour nous prodiguer quelques précieux conseils dans le but d’améliorer notre performance maritime. En terminant, Ils nous souhaitent longue vie, des heures de plaisir sans oublier de nous dire: À la prochaine.
Quant à Pirate Maboule, on s’est promis de partir à quatre, de franchir les rapides du Cheval Blanc pour aller jusqu’à la marina d’Oka et peut être plus loin.
Dieu que la vie est belle!

COUCOU! JE SUIS LÀ!

De nouveau parmi vous, quelle joie! Je me suis ennuyée de vous tous, vous qui ensoleillez mes matins. L’homme de ma vie, nos deux adorables petites-filles, (les dix-huit ans) Rachel et Tanya, et la grand-mère sommes allés visiter la Grèce et la Turquie. Un voyage inoubliable. Je vous promets des photos prises en pensant à vous.
Pour l’instant j’apprivoise mon nouveau portable et le clavier maléfique qui me fait damner. Demain, lundi, je serai sur un cours de formation d’animateurs (animatrices), dans le but de faire de la radioweb à compter de septembre prochain. Yes sir! Formation offerte par les responsables du Réseau Internet des Aînés du Québec et de Radio Riaq. Je vous fais part de mon expérience dès mon retour.

En toute amitié,
Pierrette

UNE CUISINIÈRE EN HERBE

« L’HUMAIN EST FAIT DE MATIÈRE ET, C’EST PAR LA MATIÈRE QU’ON LE REJOINT… »
Iseult n’avait pas trois ans lorsque sa maman l’a surprise assise dans l’armoire en train de feuilleter un livre de recettes. La petiote ne savait pas que l’auteure du livre était sa grand-maman

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LA MOUSSE AU THON ET AU PERSIL
Un incontournable dans ma tribu :
450g de thon émietté
250 ml de céleri haché finement
250 ml de mayonnaise
15 ml de jus de citron
15 ml de persil finement haché
02 ml de sel
01 ml de poivre
15 ml de gélatine Knox
50 ml d’eau
Mélanger ensemble thon, céleri, jus de citron, persil, sel, poivre et sauce mayonnaise
Faire gonfler la gélatine dans l’eau. Une fois gonflée, la réchauffer légèrement pour la rendre un peu plus liquide et l’incorporer au premier mélange.
Déposer ans un moule en forme de poisson (ou autre) que vous aurez préalablement huilé pour faciliter le démoulage.
Démouler sur un lit de feuilles de laitue Boston et entourer de tranches de concombre, de citrons et de tomates cerise.
Délicieux sur des biscottes à l’heure de l’apéro.

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Bon appétit!
Les recettes du Terroir lavalois

CES FLEURS QUI ACCOMPAGNENT LA BLOGUEUSE

« PAS BESOIN D’ALLER AU LOIN POUR TROUVER UN SENTIER D’EXODE, NOUS DIT L’ÉCRIVAIN ANDRÉ DHÔTEL, « IL SUFFIT D’ALLER À DEUX PAS, LE RÊVE EST DERRIÈRE CHEZ NOUS, À PORTÉE D’YEUX ET À PORTÉE DE COEUR. ALORS, POUR QUI SAIT ÉCOUTER, TOUT S’ANIME; LES OISEAUX ET LES BÊTES, LES COULEURS DU CIEL, L’ODEUR DES HERBES. »

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HEUREUSE FÊTE DES MÈRES CHÈRES COUSINES!

C’EST UN GRAND JOUR POUR ÉRIC ET CAROLINE

Demain, nous assisterons à la cérémonie de mariage de notre petit-fils Éric avec Caroline qui aura lieu à la très belle Chapelle Notre-Dame-De-Bon Secours, situé dans le Vieux-Montréal.

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« Et le mariage, maître? »
Et il répondit en disant :
« Vous êtes nés ensemble, et vous serez ensemble pour toujours.
Vous resterez ensemble quand les blanches ailes de la mort disperseront vos jours,
Oui, vous serez ensemble, jusque dans la silencieuse mémoire de Dieu.
Mais qu’il y ait des espaces dans votre communion,
Et que les vents du ciel dansent entre vous.
Aimez-vous l’un l’autre, mais ne faites pas de l’amour une entrave.
Qu’il soit plutôt une mer mouvante entre les rivages de vos âmes.
Emplissez chacun la couple de l’autre, mais ne buvez pas à une seule coupe.
Partagez votre pain, mais ne mangez pas de la même miche.
Chantez et dansez ensemble, soyez joyeux, mais demeurez chacun seul,
De même que les cordes du luth sont seules cependant qu’elles vibrent de la même musique.
Donnez vos cœurs, mais non pas à la garde l’un de l’autre.
Car seule la main de la Vie peut contenir vos cœurs.
Et tenez-vous ensemble, mais pas trop proches non plus:
Car les piliers du temple s’érigent à distance,
Et le chêne et le cyprès ne croissent pas dans l’ombre l’un de l’autre.
Khalil Gibran,
Le Prophète
Eds. Casterman