Votre tribu est en congé scolaire (cinq sur neuf de vos petits-enfants) Pourquoi ne pas aller à la pêche sur la glace? propose Sinead. « Junk Food » au menu : hot dog, croustille, Coke, 7Up et chocolatines pour dessert, renchérit la grand-mère. Marché conclu. Il ne faut surtout pas oublier les jeux de cartes pour les temps morts suggère Anthony.
Anthony,Iseult,William, Fiona et Sinead
L’enthousiasme est au comble. Grand-père rassemble le « butin » et comme par hasard, met la main sur son casque de chat sauvage destiné aux grands froids. Vous voilà en route. Le soleil a fait place aux nuages accompagnés de poudrerie, de vents de quarante à cinquante kilomètres-heure et Miss Météo vous prédit une tempête avec accumulation d’un autre vingt à trente centimètres de neige.
Vos héritiers n’ont pas l’habitude de rebrousser chemin ou de se laisser influencer par le temps qu’il fait. De toute façon, vous serez à l’abri dans votre cabane à pêche bien ancrée et chauffée au bois.
L’arrivée triomphale sur la rivière des Milles Îles notre lieu de prédilection.
La pêche sur la glace appelée pêche blanche est une coutume héritée des Amérindiens.
Elle se pratique un peu partout au Québec dès que la glace qui recouvre les lacs et les rivières est suffisamment épaisse.
Pour contrer le vent et le froid et pêcher de longues heures, les pêcheurs louent une petite cabane de bois qui est déplacée l’hiver sur les lieux de pêche et remisée l’été près des berges.
Fais du feu dans la cheminée…
Sur la rivière des Mille Îles, au menu, encore faut-il que la chance nous sourit, figurent le doré, le brochet et la perchaude. Au Saguenay on trouve l’éperlan, le sébaste, le flétan du Groenland (turbot) À Sainte-Anne de La Pérade, c’est le poulamon qui fait sa réputation.
Un guide chevronné initie vos apprentis pêcheurs : le perçage des trous et l’installation des « brimbales » (perche à contrepoids sur laquelle est embobiné le fil qui porte l’hameçon appâté au « mené » (Le mené est un petit poisson servant d’appât)
Tout va bien jusqu’au moment ou il faudra apprendre à appâter le mené vivant. Une leçon d’adresse et j’ajouterais de courage pour les uns et les autres. Rappelons-nous que l’on tient une petite vie entre ses doigts.
Anthony,William et Iseult
Paul Valéry dirait : Patience, patience, patience dans l’azur, chaque atome de silence est la chance d’un fruit mûr! Viendra l’heureuse surprise…
La grande bouffe repose entre les mains « gelées » de Sinead. Le grand air creuse les estomacs. Le menu gastronomique n’a jamais été aussi apprécié et savouré. Au diable les calories, le froid en prendra soin.
Si vous me demandez si nous avons pris quelque chose? Je vous répondrai que nous avons surtout pris des leçons de choses.






