Aujourd’hui, pour célébrer le temps qu’il fait, je vous invite à m’accompagner. Nous marcherons dans le sous-bois, juste derrière notre refuge pour âmes. Nous marcherons à petits pas, dans les pas de mes chevreuils, savamment nommés cerfs de Virginie.
L’autre jour, j’ai photographié, pour vous, un sabot de la vierge. Dans la forêt de conifères, le cypripède acaule nous honore de sa présence. Pour le dénicher, il faut être très attentif. Cette fleur est rare et captivante. Son air exotique, son port de reine lui viennent peut-être du fait qu’elle appartient à la famille des orchidées. Nous en admirerons quelques un au fil de notre randonnée.
Voici l’irrésistible trille, emblème floral de la province de l’Ontario. Au mois de mai, les amateurs de trilles s’en donnent à cœur joie dans les boisées. C’est une espèce protégée donc, interdite de la cueillir. On la trouve surtout le long des ruisselets, dans les vallons humides ou les tourbières. Elle dégage une odeur désagréable qui attire les mouches à viande favorisant sa fécondation. Selon une étude, le trille mettrait sept ans pour atteindre sa maturité sexuelle.
Au tour du cornouiller du Canada d’attirer notre regard et de susciter notre admiration.
Nous la nommons affectueusement un quatre-temps, tantôt rouget, pain d’oiseau ou pain de perdrix. Le quatre-temps est heureux dans les forêts de conifères, les pieds dans les aiguilles de pins et d’épinettes. Le petit fruit rouge qu’il produira sera le festin des oiseaux l’automne venu.
Le maïanthème est une plante bien modeste pour porter un nom aussi imposant. Le petit fruit de couleur rouge, qu’il produira à maturité fera les délices des petits mammifères : souris et campagnols. Le lièvre d’Amérique à son tour se nourrira de son feuillage.
Attention! Il ne faudrait pas ignorer la trientale boréale. Une merveille de la nature. Un fil retient la fleur minuscule, tandis que les fragiles feuilles forment une collerette au sommet de la tige.
Un moment d’extase, rien de moins. L’oxalide de montagne a besoin de très peu de lumière. Pour mener à terme sa floraison, plus tard au printemps, elle se blottit au creux d’un arbre. Elle est heureuse dans les sous-bois. Les graines engendrées par ses fleurs germent dans la mousse.
C’est déjà le moment de rebrousser chemin, de quitter le sous-bois et de nous dire au revoir. J’espère que cette petite promenade vous a plu. De la cime d’une épinette, voyez qui nous observait : la corneille en attendant que la mangeoire soit garnie de graines de maïs et de tournesols qu’elle piquera à notre insu.