JEU DE MOTS, JEU DE CHAMEAUX

Mon amie Céline m’envoie cette note. À mon tour je vous l’adresse la trouvant superbe.
Monsieur Lamère a épousé Mademoiselle Lepère.
De ce mariage, est né un fils aux yeux pers.
Monsieur est le père, Madame est la mère.
Les deux font la paire.
Le père, quoique père, est resté Lamère, mais la mère, avant d’être Lamère était Lepère.
Le père est donc le père sans être Lepère, puisqu’il est Lamère et la mère est Lamère, bien que née Lepère.
Aucun des deux n’est maire.
N’étant ni le maire ni la mère, le père ne commet donc pas d’impair en signant Lamère.
Le fils aux yeux pers de Lepère deviendra maire.
Il sera le maire Lamère, aux yeux pers, fils de Monsieur Lamère, son père, et de Mademoiselle Lepère, sa mère.
La mère du maire meurt et Lamère, père du maire, la perd.
Aux obsèques, le père de la mère du maire, le grand-père Lepère, vient du bord de mer, et marche de pair avec le maire Lamère, son petit-fils.
Les amis du maire, venus pour la mère, cherchent les Lamère, ne trouvent que le maire et Lepère, père de la mère du maire, venu de la mer, et chacun s’y perd ! »

6ième photo

À vos ordres Framboisine, Charline F.Jegou, J’obéis. Je joue le jeu. Je ne triche pas. Voici la 6e photo d’un album regroupant les plus beaux moments de notre séjour en Uruguay.
Voici les noms des personnes que je tague : Héraime; josiane, Aliette, Annie, Gérard.

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Papillons géants, lézards, fourmiliers, perroquets, poinsettias, bananiers en fleurs; la jungle comme nous l’imaginons avec sa flore gigantesque et luxuriante, la tiédeur de son climat. Plus loin, en remontant à travers la rivière Iguazu, on découvre les impressionnantes chutes du même nom. Elles sont parmi les plus grandes du monde; 275 chutes déversent leur flot impétueux à travers un paradis subtropical.

« LES ANODINITÉS » DE JOHN

Votre meilleure amie vous téléphone et, machinalement, vous demande : « Qu’est-ce que tu fais de bon? »
Vous avez envie de rétorquer comme le fait jOHN, le copain de votre mari à qui l’on pose la question : « je ne fais que des anodinités »
Si vous cherchez dans le Larousse, le Robert, le Flammarion ou le Hachette, « anodinité », n’existe pas. Ce mot anodin est une pure invention de l’illustre copain de l’homme de votre vie. À l’entendre mordre dans chacune des syllabes, vous comprenez vite que l’ex-PDG qui a connu ses heures de gloire veut plutôt dire: « je ne fais rien de valable. »
Depuis le premier jour de votre retraite, la parenté, les amis, les voisins, le boulanger, votre garagiste et même le curé de la paroisse ne peuvent vous croiser sans vous poser cette sempiternelle question : « qu’est-ce que tu fais de bon? »
Oseriez-vous répondre que vous vous amusez follement; que vous faites du sport, de la lecture, de la peinture, du bénévolat; que vous êtes le chauffeur désigné de vos petits-enfants; que vos rendez-vous et ceux de votre moitié chez le médecin, le dentiste, l’optométriste, l’acupuncteur et autres spécialistes du genre vous occupent abondamment?
Si l’on vous demandait « qu’est-ce que tu fous dans la vie maintenant que tu ne travailles plus? » au lieu de : « qu’est-ce que tu fais de bon? »
Avouez que ce serait peut-être plus dérangeant! De toute façon, vous n’avez pas envie de cultiver un sentiment de culpabilité et encore moins un complexe d’infériorité.
D’ailleurs, oseriez-vous dire que vous jouez au bridge; que vous participez à des forums de discussions; que vous consacrez des heures à archiver vos milliers de diapos conservées pêle-mêle dans des tiroirs; ou que vous vous égarez dans des recherches infructueuses pour retrouver vos ancêtres lointains ou que vous rédigez vos mémoires.
Surtout, n’allez pas révéler que vous êtes internaute, que vous « chattez » ou que vous êtes blogueuse, on doutera de votre emploi rationnel du temps, de ce temps qui passe et que vous ne voyez pas passer une fois rivée à votre écran.
Le comble, c’est lorsque l’on ajoute « as-tu des projets? » à la question bébête : « qu’est-ce que fais de bon? »
Il y a bien le pèlerinage à Compostelle dont vous rêvez depuis des lunes; le voyage à Dubai que vous planifiez depuis que vous avez vu la piste de ski intérieure, dans Paris Match et sur le Web; la rénovation de votre salle de séjour qui est en train de devenir un cinéma-maison. Peut-on appeler ces activités des projets, quand vous songez aux moindres projets que vous avez réalisés au cours de votre vie active?
Une fois à la retraite, les mots, les expressions ne veulent plus dire tout à fait la même chose. Juste à penser aux mots vacances et travail…
Revenons à la question : « qu’est-ce que tu fais de bon? »
En « roulant » vers votre rendez-vous (l’un de vos conseils d’administration sur lesquels vous êtes administrateur — je n’aime pas administratrice) vous décidez de faire le bilan de votre journée qui a débuté à sept heures. Pourquoi sept heures? Parce que justement, à sept heures, vous déposiez l’homme de votre vie à la bouche de métro (un rendez-vous matinal) lui évitant ainsi les embouteillages et la recherche d’un stationnement au métro et au centre-ville.
Trop tôt pour le banquier qui vous attend à neuf heures, vous profitiez de ces quelques moments de grâce pour retourner vivement à la maison, visiter votre blogue et lire vos messages, concernant votre réception annuelle à la « cabane à sucre. » (70 invités)
Le temps file. Heureusement que vous êtes branchée en permanence et, qu’à tout moment, on vous attrape sur votre cellulaire. (Même lorsque vous êtes sur un autre continent.)
Les transports en commun ramènent l’élu de vos rêves (il vous en a informé sur votre cellulaire évidemment) vous étiez donc là, à temps, pour l’accueillir.
Il est déjà midi. En amoureux et pour gagner du temps, vous choisissiez d’aller chez votre indien préféré manger un succulent curry Madras.
L’incorrigible auteur des anodinités, ajouterait volontiers à votre vocabulaire de retraitée, l’expression « en disponibilité » (couramment utilisée dans le monde de l’enseignement)
Vous êtes « disponible ». À 16 heures, vous vous pointiez à l’école pour cueillir comme une fleur, votre petite-fille adorée, la conduire chez l’orthodontiste, puis à la « clinique voyage » pour ses vaccins (le Pérou l’attend, elle et d’autres élèves de sa classe) et delà, vous reconduisiez le Trésor à la maison.
Dix-huit heures. L’assemblée mensuelle de votre conseil d’administration débutera dans quelques minutes. Heureux de vous retrouver, devinez ce que votre président s’empressera de vous demander après la bise et le « serrement de pinces »
.
« T’as l’air en forme, qu’est-ce que tu fais de bon ces temps-ci? »
Gageons que vous reprendrez votre souffle pour lui murmurer à l’oreille : je ne fais que des anodinités.

LE GOLF AUSSI MÈNE À TOUT…

Il faut que je vous raconte.
Le temps est superbe. Nous roulons vers Cape Hatteras en Caroline du Nord, situé à 1,150 km de notre bercail. Vacances annuelles familiales. Nous roulons les yeux fermés (ou presque) obéissant aveuglément (l’expression n’est pas trop forte) aux indications de la voix sublime sortie des entrailles de notre GPS.
Vous vous souvenez de ce bidule de malheur (le GPS) qui me cassait les oreilles quand je roulais à 100 km heure (je dis 100 au cas ou un policier lirait ce blog) en pleine heure de pointe, sur l’autoroute, m’ordonnant de tirer à droite ou de tourner à gauche et puis, qui recalculait au fur et à mesure de mes égarements? Je l’aurais étripé à l’époque. Ce soir, je le vénère.
Il fait nuit. Plutôt que de sombrer dans le sommeil, alors que l’homme de ma vie le chasse, je m’adonne à l’étude des fonctions de cet amour de GPS. « Tiens regarde! Non! Il ne faut pas. Je vois qu’il y a un parcours de golf à 25 milles. » (Les kilomètres ne sont pas encore arrivés aux States). Le chauffeur émérite quitte la route du regard et se tourne vers sa passagère, balayant furtivement l’écran de son œil de lynx. Soit dit en passant, vous ne faites pas erreur en lisant “passagère”. Vous vous doutez bien que depuis l’achat du GPS j’ai été virée de ma fonction. Je n’ai plus à donner d’ordres au conducteur, la bouche mielleuse m’a remplacée.
— Si nous dormions ici, nous pourrions jouer au golf demain matin et reprendre la route vers midi? » dis-je, d’une voix un tant soit peu suggestive.
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— L’idée n’est pas bête, reprends, mon Tiger Wood du dimanche. Nous arriverons un peu plus tard et puis, après tout, le temps nous appartient. (C’est ce que disent les gens à la retraite.)
Dieu qu’il est philosophe mon golfeur.
Ma mère m’aurait dit le sourire en coin : « tu vois, ce que femme veut, Dieu le veut. » Grâce à notre divin GPS, à 8 h 30 pile, nous sommes sur le tertre de départ d’un splendide parcours.
Tout va bien jusqu’au moment où, dans un élan presque parfait, le pro frappe sa Callaway, 3.50 $ US. Le projectile fend l’air et se retrouve dans une rigole réservée à la croissance et à l’épanouissement de fleurs aquatiques.
Jamais au grand jamais, mon compagnon de jeu abandonnerait sa balle. Nous nous dirigeons donc vers celle-ci qui repose sous la feuille d’une magnifique jacinthe d’eau. Rien n’y fait. Il ne parvient pas à la retirer de son impasse. C’est là qu’il décide d’enjamber la rigole abondamment couverte de fleurs.
Attention! Ce qu’il ignore en posant le pied sur ce qu’il croit être la rive opposée, notre hypocrite de rigole est au moins deux fois plus large qu’elle en a l’air. C’est à cet instant que je vois le pêcheur de balle en train d’enfoncer lentement jusqu’à la ceinture.
Du coup, il faut voir mon scaphandrier s’agripper tant bien que mal à tout ce qui porte racines et branches pour remonter à la surface et finalement émerger de son bain de boue.
Dieu merci il est sain et sauf. Ce n’est surtout pas le moment de rire ou de me moquer bien que je ne n’arrive pas à refouler quelques petits éclats. Plus de la moitié de l’homme est couverte d’une épaisse boue brune, visqueuse et nauséabonde. Vous imaginez le spectacle? Heureusement, le saint patron des golfeurs veille sur lui puisque je n’ai pas mon appareil photo.

LE FESTIVAL DES ROBES DE BAL

Vous êtes grand-mère, vous êtes disponible, vous conduisez une voiture, vous avez un petit « budget commandite… » je parie que vous serez l’heureuse élue. Vous accompagnerez votre graduée de petite-fille, non pas au bal, mais choisir sa robe de bal.
C’est généralement en février, durant la « semaine de relâche » que la chasse aux robes de bal a lieu. Elles sont des milliers de gamines à prendre d’assaut les boutiques et les grandes surfaces, escortées de leur vénérable aïeule. Rappelez-vous : disponibilité, voiture et petit « budget commandite. »
Vous avez beau proposer au Trésor l’invasion d’autant de centres commerciaux qu’il s’en trouve à vingt kilomètres à la ronde, « grand-maman, c’est sur la rue Saint-Hubert qu’il faut aller! »
La Pichounette a raison. Vous vous ralliez et conduisez l’illustre princesse vers le lieu de prédilection. Il se trouve à cinquante minutes de chez vous. Ajoutez à cela les deux ou trois feux terriblement jaunes que vous avez grillés, et vous y voilà.
Vous n’avez pas mis les pieds rue Saint-Hubert depuis la naissance de votre dernier qui a quarante ans aujourd’hui. C’était l’époque où vous fréquentiez la célèbre madame Lalongé, spécialisée en vêtements pour les jeunes. Si, à bien y penser, vous avez arpenté la rue Saint-Hubert une autre fois, lorsque vous avez accompagné la fiancée de fiston pour acheter sa robe de mariée, il y a au moins dix ans de cela.
Revenons à notre robe de bal. Nous sommes en pleine vague de froid. Moins 15 ° Celsius, prédisait sadiquement « Miss Météo », une heure avant votre départ. N’étant pas du type Brigitte Bardot, vous emmitouflez votre petite personne dans votre amour de castor qui vous rappelle constamment la publicité de Bell à l’heure des Jeux olympiques 2006. Vivant en banlieue, vous avez oublié que les trottoirs de la Plaza sont dégagés. Vous voilà chaussée de vos bottes après-ski fourrées de laine de mouton et lacées jusqu’aux mollets.
Dieu vous aime. Vous trouvez un stationnement de rêve avec vue sur au moins cinq boutiques d’affilée. C’est à qui étalerait les plus belles robes de bal dans sa vitrine.
La fille de votre fille est aux anges. Donc, vous êtes automatiquement aux anges vous aussi.
Une boutique n’attend pas l’autre. Vous vous précipitez sur la première. Holà! C’est inscrit de retirer vos chaussures à l’entrée. Malheur! Ce sera partout la même consigne. Il n’en faut pas plus. Après avoir délacé puis retiré péniblement vos précieuses bottes pour finalement les abandonner parmi tant d’autres, voilà que s’amène cette ancienne donzelle, sûrement une danseuse de bar dans sa vie antérieure. Elle vous accueille avec un « bonjour la belle madame ». La salutation est loin de plaire à la va-nu-pieds.
Pour vous permettre de déambuler agilement dans ce capharnaüm de robes de bal, on vous propose de glisser vos petits petons déjà mouillés dans des machins de papier brun qui ne vous tiennent pas dans les pieds. De toute façon, il est trop tard. Vos Dim Voile Pointes Invisibles, 7,95 $ avant taxes, sont déjà détrempés. À la fin de la journée, ayant répété le rituel cent fois – j’exagère un peu – les misérables seront définitivement troués.
De nature optimiste, vous cherchez toujours le beau côté des choses. Courir une robe de bal — le verbe n’est pas trop fort — peut devenir une sortie mondaine très agréable, et je vous dis pourquoi.
Au fur et à mesure que l’heure passe, vous vous rendez compte que vous faites dorénavant partie de la horde des « magasineuses » de robes de bal. Que d’une boutique à l’autre, vous vous retrouvez les mêmes grands-mères! Tandis que votre Héritière se glisse dans la cabine d’essayage — vous savez par expérience qu’il lui faudra un bon petit moment pour en ressortir —, vous vous hâtez de retrouver vos consoeurs de fortune et reprendre la conversation là où vous l’avez laissée deux portes plus tôt.
J’y pense, il faut que je vous dise. Vous, la nostalgique, qui regrette l’époque de votre jeunesse et la mode des robes « strapless », des jupes ballerines et des crinolines, consolez-vous, Barbie les a ressuscitées et les Pichounettes en sont folles.
Des splendeurs « Made Ailleurs » aux couleurs d’arc-en-ciel taillées dans des tissus vaporeux, chatoyants, somptueux : tulle, satin, soie et dentelle. Des chefs-d’œuvre ornés de rubans, de pierreries, de perles, de broderie, je vous jure, Barbie n’en demanderait pas plus.
Revenons à notre chemin de croix. Pour la septième ou huitième fois, Dieu sait, vous retirez vos lourdes bottes. On ne parle plus de vos « Dim ». Vous avez encore la force de réfléchir. Comme chez votre coiffeuse et votre esthéticienne, pourquoi ne pas mettre à votre portée ces malheureuses Phentex (sorte de pantoufles crochetées) qui, soit dit en passant, sont préférables aux machins de papier brun que vous devez enfiler et qui vous rappellent, une fois de plus, vos visites chez votre dentiste ou votre gynéco.
Sur la pointe des pieds, même si vous n’avez rien de la ballerine, vous revoilà transportée dans ce monde de rêve « dis-moi miroir, suis-je la plus belle? » Ce n’est plus vous. C’est votre petite-fille qui prépare son premier bal. Vous, vous êtes la bonne fée.
La bonne fée qui, trois heures plus tard, a l’impression que les jambes lui rentrent dans le corps, pour reprendre l’expression de votre mère à vous, quand elle magasinait avec la mère de votre petite-fille. Une fois affaissée dans le fauteuil qui vous tend les bras, vous admirez votre jolie Cendrillon se métamorphosant en princesse aux cinq minutes. Vous vous délectez à la vue de cette adorable jeune fille et, dans un soupir bienfaisant, remerciez les dieux de l’avoir faite aussi belle.
Comme si elle avait l’éternité pour faire son choix, rêveuse, elle se contemple dans la glace, prenant conscience de sa grâce et de sa féminité.
Quelle grand-mère, même un peu lasse, ne pourrait pas sourire à sa petite-fille, et s’en émerveiller!
C’est le bonheur total, jusqu’au moment où vous vous rappelez que le parcomètre doit crier famine. Vous enfilez fébrilement vos coûteuses bottes, jurez au Trésor de revenir à l’instant, vous disant : « tant pis si j’ai une contravention; d’avoir passé une journée avec ma petite-fille, ça en vaut bien le coût! »