PREMIÈRE RÉCOLTE

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Mon acériculteur préféré récolte notre première coulée de sève d’érable de la saison des sucres.

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Une belle chaudronnée d’eau d’érable qui n’attend qu’à bouillir.

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Une fois évaporés, les 34 litres d’eau d’érable contenus dans le chaudron nous auront donné un litre de délicieux sirop.

LE TEMPS DES SUCRES

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Voici l’érable de nos amours, témoin fidèle de nos bons et de nos mauvais jours.
Grâce à lui, le jambon de Pâques aura bouilli dans le « réduit » (avant d’atteindre la consistance de sirop, l’eau d’érable prend le nom de réduit). Son sirop accompagnera tous les plats de notre dimanche pascal : jambon à l’érable, fèves au lard, œufs dans le sirop, crêpes, oreilles de crisse (tranches de viande de porc avec la couenne, grillées dans la poêle jusqu’à ce qu’elles deviennent croustillantes) et rôti de porc accompagné de sa graisse de rôti et quoi encore…

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Mon acériculteur du dimanche entaille notre érable à l’aide d’une perceuse.,
Nous venons tout juste de recevoir une « bordée de sucre » (forte précipitation de neige qui arrive pendant le temps des sucres) un autre 35 centimètres de neige. Pour avoir du sirop à Pâques, beau temps mauvais temps, c’est le moment d’entailler notre érable qui nous donne chaque année son (presque) litre de sirop.

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Le chalumeau est enfoncé dans l’entaille (trou percé dans le tronc). Puis, la chaudière est ensuite suspendue au crochet du chalumeau.

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Le chalumeau aussi appelé goutterelle ou goudrelle selon les régions du Québec est ce petit tube de métal qui, une fois inséré dans l’entaille, permet à la sève de s’égoutter dans la chaudière.
Du 15 mars au 15 avril, c’est le temps des sucres au Québec. On dit que la « coulée » intense dure à peine quelques jours. C’est le moment de l’année où la température baisse sous le seuil de congélation la nuit pour atteindre 4 à 5 degrés Celsius le jour.
Au cours de la saison estivale, l’érable emmagasine des sucres sous forme d’amidon. Sous l’effet d’un enzyme et d’un abaissement de température, l’arbre évacue un trop-plein de sève constitué de 97,5 % d’eau, de 2,4 % de sucre et de 0,01 % de matières minérales.
Il faut quarante litres de sève pour produire un litre de sirop d’érable.
La sève (l’eau d’érable) que l’on fait bouillir ressemble comme « deux gouttes d’eau » à l’eau du robinet, sauf qu’elle est légèrement sucrée. En s’évaporant, le sucre se concentre et devient du réduit (moins sucré que le sirop) très agréable à boire. On obtient le sirop lorsque l’on atteint 219 Fahrenheit ou 104 centigrades.

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Bon jusqu’à la dernière goûte.
Notre érable est généreux. Surtout, ne lui dites pas que sa récolte ne suffit pas à combler les attentes des becs sucrés.

LA PÊCHE SUR LA GLACE, UNE COUTUME…

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Votre tribu est en congé scolaire (cinq sur neuf de vos petits-enfants) Pourquoi ne pas aller à la pêche sur la glace? propose Sinead. « Junk Food » au menu : hot dog, croustille, Coke, 7Up et chocolatines pour dessert, renchérit la grand-mère. Marché conclu. Il ne faut surtout pas oublier les jeux de cartes pour les temps morts suggère Anthony.

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Anthony,Iseult,William, Fiona et Sinead
L’enthousiasme est au comble. Grand-père rassemble le « butin » et comme par hasard, met la main sur son casque de chat sauvage destiné aux grands froids. Vous voilà en route. Le soleil a fait place aux nuages accompagnés de poudrerie, de vents de quarante à cinquante kilomètres-heure et Miss Météo vous prédit une tempête avec accumulation d’un autre vingt à trente centimètres de neige.
Vos héritiers n’ont pas l’habitude de rebrousser chemin ou de se laisser influencer par le temps qu’il fait. De toute façon, vous serez à l’abri dans votre cabane à pêche bien ancrée et chauffée au bois.

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L’arrivée triomphale sur la rivière des Milles Îles notre lieu de prédilection.
La pêche sur la glace appelée pêche blanche est une coutume héritée des Amérindiens.
Elle se pratique un peu partout au Québec dès que la glace qui recouvre les lacs et les rivières est suffisamment épaisse.
Pour contrer le vent et le froid et pêcher de longues heures, les pêcheurs louent une petite cabane de bois qui est déplacée l’hiver sur les lieux de pêche et remisée l’été près des berges.

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Fais du feu dans la cheminée…
Sur la rivière des Mille Îles, au menu, encore faut-il que la chance nous sourit, figurent le doré, le brochet et la perchaude. Au Saguenay on trouve l’éperlan, le sébaste, le flétan du Groenland (turbot) À Sainte-Anne de La Pérade, c’est le poulamon qui fait sa réputation.

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Un guide chevronné initie vos apprentis pêcheurs : le perçage des trous et l’installation des « brimbales » (perche à contrepoids sur laquelle est embobiné le fil qui porte l’hameçon appâté au « mené » (Le mené est un petit poisson servant d’appât)

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Tout va bien jusqu’au moment ou il faudra apprendre à appâter le mené vivant. Une leçon d’adresse et j’ajouterais de courage pour les uns et les autres. Rappelons-nous que l’on tient une petite vie entre ses doigts.

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Anthony,William et Iseult
Paul Valéry dirait : Patience, patience, patience dans l’azur, chaque atome de silence est la chance d’un fruit mûr! Viendra l’heureuse surprise…

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La grande bouffe repose entre les mains « gelées » de Sinead. Le grand air creuse les estomacs. Le menu gastronomique n’a jamais été aussi apprécié et savouré. Au diable les calories, le froid en prendra soin.

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Si vous me demandez si nous avons pris quelque chose? Je vous répondrai que nous avons surtout pris des leçons de choses.

« QUE FAIS-TU DE BON? »

Votre meilleure amie vous téléphone et machinalement vous demande : « Que fais-tu de bon? »
Vous avez envie de rétorquer comme le fait le copain de votre mari à qui l’on pose la question :
« je ne fais que des anodinités »
Si vous cherchez dans le Larousse, le Robert, le Flammarion ou le Hachette, « anodinité » n’existe pas. Ce mot anodin est une pure invention de l’illustre copain de l’homme de ma vie. À l’entendre mordre dans chacune des syllabes, vous comprenez vite que l’ex-PDG qui a connu ses heures de gloire veut dire : « foutes-moi la paix! À mes yeux et aux yeux de la société, je ne fais plus rien qui vaille. »
Depuis le premier jour de votre retraite, la parenté, les amis, les voisins, le boulanger, votre garagiste et même le curé de la paroisse ne peuvent vous croiser sans vous poser cette sempiternelle question : « qu’est-ce que tu fais de bon? »
Osez-vous répondre que vous vous amusez follement; que vous faites du sport, de la lecture, de la peinture, du bénévolat; que vous êtes le chauffeur désigné de vos petits-enfants; que vos rendez-vous et ceux de votre moitié chez le médecin, le dentiste, l’optométriste, l’acupuncteur et autres spécialistes du genre vous occupent horriblement?
Si l’on vous demandait « que foutes-tu dans la vie maintenant que tu ne travailles plus? » ou mieux : « Que deviens-tu maintenant? » au lieu de : « que fais-tu de bon? »
Avouez que ce serait peut-être plus dérangeant? De toute façon, vous n’êtes pas là pour éveiller en vous un sentiment de culpabilité et encore moins un complexe d’infériorité.
D’ailleurs, oseriez-vous dire que vous jouez au bridge deux fois la semaine; que vous appartenez à des forums de discussions, que vous prenez des heures à archiver vos milliers de diapos alignées pêle-mêle dans des minis-tiroirs classeurs ou que vous vous embourbez dans des recherches infructueuses pour retrouver vos ancêtres lointains?
Surtout, n’allez pas révéler que vous êtes internaute, que vous « chattez » ou que vous êtes blogueuse, on doutera de votre emploi rationnel du temps, de ce temps qui passe et que vous ne voyez pas passer une fois cramponnée à votre écran.
Le comble, c’est lorsque l’on ajoute « as-tu des projets? » à la question bébête : « qu’est-ce que fais de bon? »
Il y a bien le pèlerinage à Compostelle dont vous rêvez depuis des lunes; le voyage à Dubai que vous planifiez depuis que vous avez vu, dans Paris Match et sur le Web, la piste de ski intérieure; la rénovation de votre salle de séjour qui est en train de devenir un cinéma-maison. Peut-on appeler ces activités des projets, si vous vous référez aux moindres petits et grands projets que vous avez concrétisés au cours de votre carrière?
Une fois à la retraite, les mots, les expressions ne veulent plus dire tout à fait la même chose. Juste à penser aux mots vacances et travail…
Revenons à la question : « que fais-tu de bon? »
Pour ne pas serrer les mâchoires après avoir prononcé le mot : ANODINITÉ, comme le fait si bien l’inoubliable compère, vous décidez, tout en roulant vers votre rendez-vous (l’un de vos conseils d’administration sur lesquels vous êtes administrateur — je n’aime pas administratrice) de faire le bilan de votre journée qui a débuté à sept heures. Pourquoi sept heures? Parce que justement, à sept heures, vous déposiez l’homme de votre vie à la bouche de métro (un rendez-vous matinal) lui évitant ainsi les embouteillages et la recherche d’un stationnement au métro et au centre-ville.
Trop tôt pour le banquier qui vous attend à neuf heures, vous profitez de ces quelques moments de grâce pour retourner vivement à la maison visiter votre Blogue et lire vos messages, étant à planifier votre réception annuelle à la cabane à sucre. (environ 70 invités)
Le temps file. Heureusement que vous êtes branchée en permanence et que, dans la minute, on vous rejoint sur votre cellulaire. (Même si vous êtes sur un autre continent.) Les transports en commun ramènent l’élu de vos rêves, vous serez donc là où vous l’avez abandonné aux aurores.
En amoureux et pour gagner du temps, vous irez chez votre petit bistro favori bouffer, un succulent curry Madras.
Entre-temps, vous aurez bâclé quelques emplettes, passé à la pharmacie, chez le nettoyeur (pressing pour les cousins)
Et à la poste, déposer votre courrier.
L’incorrigible auteur des anodinités, ajouterait volontiers à son vocabulaire de retraité, l’expression « en disponibilité » (couramment utilisée dans le monde de l’enseignement)
Vous êtes « disponible » vous serez donc à l’école et à l’heure, pour cueillir comme une fleur, votre petite-fille adorée, la conduire chez l’orthodontiste, puis à la clinique voyage pour ses vaccins (le Pérou l’attend, elle et d’autres élèves de sa classe) et delà, vous la déposer précieusement à la maison familiale.
Il est dix-sept heures. Vous revoilà en route pour votre assemblée mensuelle. « Que fais-tu de bon? » veut savoir le président du CA, qui ne vous a pas vu depuis le mois dernier.
Allez-vous avouer que vous terminez la rédaction de votre plus beau chapitre; que vous avez enfourné un macaroni au gratin parce que vous savez que votre tribu adore ce plat; que vous avez pris soin de votre précieux hibiscus qui fleurit comme un déchaîné dans la fenêtre du salon; que vous avez eu une journée remplie à ras bord et que, tout à l’heure, vous rentrerez au bercail, sauterez au cou de votre ex-PDG vous rappelant, en le voyant, de ne pas lui poser l’odieuse question : « Que fais-tu de bon? »

GROSSES BISES DE LA PART DE MICHEL ET MARIE-JOSÉE

Coucou! C’est moi de retour d’une randonnée de cinq jours de ski dans Charlevoix et à Saguenay.
(Je ne peux rien vous cacher.)
À peine mes bagages déposés, je m’empresse de vous transmettre un : « nous faisons la bise à tous les blogueurs de blog.50» de la part de Michel et Marie-Josée, des amours d’aubergistes qui nous accueillent chaque année dans leur havre de paix situé au cœur du Fjord du Saguenay.

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Je vous les présente d’abord, parce qu’ils sont originaires de Beaumont Sur Oise, Île-de-France; parce qu’ils habitent chez nous depuis dix ans et qu’ils font un travail formidable. Le secret de leur succès? Le charme romantique de leur auberge et une subtile harmonie de la gastronomie française et de saveurs québécoises

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L’Auberge du Jardin nichée au creux des montagnes.

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Leur maisonnette juste en face de l’Auberge.
Vous comprendrez pourquoi je tenais à vous les présenter : pour leur donner l’occasion de saluer les gens de leur pays d’origine. Peut-être rejoindront-ils des connaissances, de vieux amis, des voisins? Je le souhaite ardemment.
Vous voulez voir comme c’est joli chez eux et autour?
Un petit coup d’oeil par la fenêtre de la salle à dîner.

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Le village et son clocher.

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Un voisin.

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Le voisin d’en face…

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Aurevoir les cousins, nous reprenons la route…
Ils ont également un site :
http://www.aubergedujardin.com

LA SOUPE EST PRÊTE…


Ce matin, les moineaux grelottent. Il fait – 20 C° dehors. Dans la maison, il y a des odeurs de soupe qui mijote lentement.
Une soupe réconfortante qui vous réchauffe les tripes et le cœur.
Une soupe comme ma mère la faisait.

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Revenus dans le beurre: carottes, rutabaga, céleri, chou d’hiver, oignons rouges, oignons jaunes, jeunes feuilles de céleri, persil, ciboulette et ail.
Le tout mijote ensuite dans un beau bouillon de poulet.
Quand les légumes sont à moitié cuits, j’ajoute les vermicelles et une boîte de tomates en dé.
C’est le moment d’apporter la petite touche personnelle de ma mère :

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Pour rehausser la saveur : une cuillerée à table de sauce Worcestershire, une cuillerée à thé de poudre de cari, un tant soit peu de curcuma.
Sel et poivre frais moulu au goût et une généreuse cuillerée à table d’herbes salées du Bas-du-Fleuve. Nous en trouvons maintenant dans le commerce.
Goûtez!
Vous l’aimez?
Tirez-vous une bûche, je vous sers une belle assiettée de soupe fumante.

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Bon appétit!