SUITE de « La savonnerie domestique » (revue Fermières 1942, édition épuisée) reproduit en février 1978 à la demande de nombreuses lectrices afin de répondre à un nouvel engouement pour le « savon du pays »
Au Canada, nous ne sommes pas sans revendiquer quelques glorioles dans le domaine « savon ». Ne voilà t-il pas que nos propres soldats fabriquent maintenant le savon domestique?
Dirigée par le sergent F.B. MacDonald fabricant de savon, une petite usine a été récemment montée à Victoria. On y prépare tous les savons nécessaires au camp.
Tous les déchets graisseux des repas sont employés. Le résultat? Une économie de $1,100.00 par mois, assurent les rapports militaires. Ces savons ne contiennent ni alcalin, ni produits de remplissages. Ils ne se détériorent pas avec le temps et renferment toute la glycérine naturelle. Dès qu’ils sont solidifiés, ces savons sont placés dans des chaudières, des boîtes à café, des moules de tous genres. Le succès de l’entreprise est tel, que les autorités songent à établir cette industrie aux camps de Petawawa, Borden, Valcartier, Debert et Sussex.
Mais les fermières ne concèdent pas pour cela la privauté de la tradition voulant que dans chacun de nos foyers villageois, le savon se fasse à la maison. L’économie qui commande tout en ce moment n’incite pas à négliger une vieille coutume si pratique.
Chaque recette préalablement éprouvée donnera un savon indispensable pour le nettoiement, le blanchissage, l`hygiène et même le luxe, puisqu’il suffit d’y incorporer quelques gouttes de parfum. Et alors ce sera votre plein droit de dire : « Là où je passe, j’aime que la vie sente bon ».
À ce bon conseil aux « ménagères 1942 », j’ajoute une autre recette d’un savon domestique pour le moins intrigante.
Prendre une tasse de gruau d’avoine, le faire bouillir dans huit tasses d’eau pendant 5 à 7 minutes et couler dans un linge clair.
Prendre une tasse de cette eau et y délayer 3 cuillerées à table de borax.
Prendre ensuite une autre tasse de la même eau et y délayer 2 cuillerées à table de sucre blanc.
Dans le reste de l’eau, délayer bien doucement à l’aide d’une cuillère de bois, une boîte de potasse (bien surveiller pour ne pas éclabousser).
Mesurer une tasse d’ammoniaque liquide, prendre 5 livres de graisse fondue et clarifiée, (graisse d’aliments accumulée) y ajouter une pinte d’eau froide pour que le résidu reste au fond du récipient. Retirer l’eau de la graisse en la laissant figer et la déposer dans un récipient de granit. La faire refondre mais sans bouillir. Y ajouter très lentement la potasse délayées dans l’eau, le borax, le sucre et l’ammoniaque. Bien brasser pendant 10 à 15 minutes. Verser dans un plat ou une boîte dont le fond sera recouvert d’un papier ou d’un linge blanc. Laisser refroidir et couper en morceaux.
Pour le savon de toilette, ajouter à ces ingrédients une demi-tasse de glycérine et du parfum au goût.
SUR CETTE NOTE SAVONNEUSE, JE VOUS SOUHAITE UNE TRÈS BONNE NUIT.
Catégorie : LES GENS DE MON PAYS
NOTRE SAVON DU PAYS
Notre Christian s’est fait passer un savon. Son aventure nous a valu une note fabuleuse et captivante. La lecture de ce récit m’a rappelé un article intitulé « La savonnerie domestique » (revue Fermières 1942, édition épuisée) reproduit en février 1978 à la demande de nombreuses lectrices afin de répondre à un nouvel engouement pour le « savon du pays »
« Nous jetons tous les jours la graisse des aliments et au prix que coûte le savon, peut-être pourrions-nous l’utiliser? Nous suggèrent-elles.
Présentons-le: c’est le savon domestique dont la couleur, pour ne pas être d’un ivoire luisant, rattrape une autre parenté. Il ressemble à s’y méprendre au beau pain de sucre du pays.
Oh! L’odeur des premières vapeurs n’a rien de quoi en imprégner nos mouchoirs : mais la graisse, les résidus graisseux, les déchets gras sont déjà assez humiliés d’être ce qu’ils sont sans rappeler leur relent. L’air finira bien par tout absorber. D’ailleurs, ne cuit-on pas même les fleurs pour en extraire l’exquise essence du parfum? Si nous respirions, au moment de la cuisson, l’émanation des éléments chimiques mêlés à la rose, au jasmin, au lilas, etc., notre nausée suffirait à ruiner le commerce des parfumeries. Heureusement, on n’en sait rien, si ce n’est que la chimie a des mystères qu’il vaut mieux ne pas scruter pour que notre foi dans la fleur soit intacte.
Chimistes? Mais elles l’étaient elles aussi, nos grands-mères qui faisaient bouillonner les graisses pour en retirer le savon dont elles nous ont laissé le secret. Ne cuisaient-elles pas également dans l’eau des fontaines la luzerne qu’elles écrasaient ensuite et pétrissaient? Pour le savon de toilette, elles ajoutaient aux graisses épurées quelques gouttes de lavande, un peu de thym, de serpolet, de musc, de safran et parfois l’aloès qui préservait des puces. La cendre de bois fournissait aussi un excellent savonnage. Rien ne dément le fait que les connaissances de nos aïeules n’aient été un héritage des Gaulois mêmes, auquel on attribue le mérite d’avoir découvert la propriété d’un savon préparé avec de la cendre et le suif. Un peu plus tard, les élégantes du temps utilisaient, pour teindre leurs cheveux en blond, un savon domestique. Et un médecin du IVe siècle parle, dans ses mémoires, d’un savon noir fait au foyer et répandu jusque chez les Arabes, pour le service du blanchissage.
Savon domestique (savon du pays)
25 livres de matières grasses
04 livres de résine
04 livres de lessive caustique (caustic)
04 chaudières d’eau (chaudière de 20 livres)
2 à 3 livres de gros sel (cette quantité peut varier d’après la qualité des matières grasses employées).
Façon de procéder :
Mettre l’eau dans un chaudron de fer, la faire chauffer. Ajouter la lessive, la faire dissoudre et ajouter les matières grasses et la résine. Faire bouillir jusqu’à ce que le mélange fasse des fils en soulevant la palette de bois (qui sert à brasser) puis, ajouter lentement du sel (2 livres environ) en mettant le sel, le mélange caille, alors brasser lentement et parfaitement, laisser bouillir. La lessive vient alors à la surface et fait des petites bulles granulées. Ajouter encore peu à peu quelques poignées de sel. Brasser et laisser cuire jusqu’à ce que la lessive se répande claire sur toute la surface du savon (cette opération prend parfois une heure et même plus) le savon est alors cuit à point. Retirer immédiatement du feu et laisser refroidir. Il est bon de brasser lentement une couple de fois au début du refroidissement. Découper. Un beau morceau de savon a en dessous une surface appelée « écaille de poisson ».
On peut mettre 5 à 6 livres de résine et on obtiendra une plus grande quantité de savon.
Il sera plus foncé, mais très bon tout de même.
Pour un savon de toilette, ajouter à ces ingrédients une demi-tasse de glycérine et du parfum au goût.
À SUIVRE :Des soldats de l’armée canadienne fabriquent leurs savons domestiques.
« UN REPAS DE CABANE À SUCRE »
Hier je vous promettais la photo d’une belle et authentique cabane à sucre « familiale » : voici la cabane à sucre de la famille Éthier située à Mirabel, reconnue pour sa table exquise et gargantuesque.
Je vous présente Sylvain, notre acériculteur et patron de l’érablière entouré de ses produits maison : sirop, tire, beurre et sucre d’érable, sucre en forme de pain de sucre, bonbons et j’en oublie…
Mario, notre invité et bien-aimé banquier, offre l’apéro «du rang des belles amours» appellation d’origine inspirée du nom du patelin où nous allons cueillir les cerises à grappes. Cet élixir qui connaît un franc succès est mis en bouteille chez le producteur : l’homme de ma vie.
Pour nous, le temps des sucres est un temps de retrouvailles.
Chaque année, nous proposons un thème. Cette année c’est le foulard. Il offre à nos invités l’occasion de révéler un côté caché de leur personnalité : une passion, un rêve, une réussite, une appartenance.
C’est aussi l’occasion de nous coller les uns aux autres.
La spectaculaire omelette soufflée tant désirée fait place à la soupe aux pois.
Sur la table très familiale, entourant la pièce de résistance (l’omelette) circulent allègrement les plats de : bacon croustillant, fèves au lard, oreilles de crisse, jambon à l’érable, pommes de terre rissolées, marinades maison : Betteraves, cornichons oignons, ketchup. Cretons, pain de ménage, le tout arrosé de sirop d’érable.
Jean-François, notre bel accordéoniste « à ses heures » nous enchante en jouant des airs familiers.
Au dessert, pourquoi pas un air d’opéra (Carmen) chanté par notre chaleureuse nièce, Geneviève Després, notre mezzo-soprano qui fait trembler les murs.
Après les célèbres grands-pères au sirop et les crêpes bien dorées, c’est le temps de déguster la tire d’érable sur la neige.
Le temps des sucres est aussi l’occasion de réchauffer nos amitiés.
Pour savourer pleinement ce rituel printanier qui entoure le temps des sucres, il est bon de se rappeler l’origine.
On dit qu’avant les années 1700 les Amérindiens savaient déjà, extraire la sève de l’érable et la concentrer et que, les premiers colons apprirent d’eux la fabrication du sucre d’érable.
De nombreuses légendes toutes plus savoureuses les unes que les autres racontent comment les Amérindiens découvrirent le secret « de cet arbre qui pleure du sucre en larmes de cristal »
Je vous livre à ce sujet les propos de Marie-Victorin, grand naturaliste et savant québécois, auteur illustre de « La Flore laurentienne ».
Marie-Victorin affirme carrément que les Amérindiens apprirent de l’écureuil roux l’existence du sirop et de la tire d’érable. En effet, lorsqu’une branche d’érable à sucre casse sous le poids du verglas, la blessure causée coule au printemps. De cette entaille naturelle, la sève suit toujours le même trajet parfois même jusqu’au pied de l’arbre. Jour après jour, le chaud soleil printanier évapore l’eau et il ne reste finalement qu’une « trainée » de tire d’érable que les écureuils roux lèchent goulûment.
Pour en savoir davantage visiter:http://www.erabliere-lac-beauport.qc.ca/musee/ :
UN ANNIVERSAIRE PAS COMME LES AUTRES
Nathalie la « chasseresse », à qui j’offrais une rose pour son anniversaire, a reçu la visite d’un orignal pas du tout content de la voir dans ses parages. Il a même voulu l’attaquer me dit-elle.</strong
Mes félicitations Nathalie pour ces audacieuses photos d’un orignal en colère. Elle est belle ta « cabane au fond des bois ».
SAINT-CÔME, UN DIAMANT DE GLACE DANS UN ÉCRIN DE MONTAGNES
À 1 h 30 de Montréal, Saint-Côme, un joli village de 2,205 âmes (sans compter les résidents saisonniers), situé au cœur de la région de Lanaudière, prépare fébrilement son 27e Festival de Sculptures sur Glace.
Dans les jours qui précèdent l’ouverture des festivités, par des froids frôlant souvent les moins 40 Celsius, on peut admirer, devant les résidences de la rue principale, des artisans emmitouflés jusqu’aux yeux, affairés à terminer leurs majestueuses sculptures au destin éphémère.
Si vous arrêtez pour les féliciter, en retour, pour vous réchauffer, ils vous offriront « un p’tit coup de caribou. » Une boisson d’homme selon les dires de ma grand-mère.
« On compte plus de 200 sculpteurs », me dit Caroline du bureau d’accueil touristique. « Ce sont les villageois qui deviennent artistes pour les besoins de la cause. Le métier et la passion se transmettent de génération en génération: mon oncle et son neveu sculptent un monument chaque année. »
Caroline est fière de me rappeler que « Saint-Côme en glace » est un fabuleux projet collectif et que la population entière met la main à la glace BÉNÉVOLEMENT précise-t-elle.
Dans quelques jours, plus d’une soixantaine de pièces colossales, sculptées dans des blocs de glace de 1,80 m³ brilleront de tout leur éclat et feront l’admiration et l’étonnement de milliers de visiteurs. (On en attend environ 80,000 cette année encore.)
Le lac artificiel long d’un kilomètre, propriété d’un résident, fourni annuellement à ses sculpteurs près de 1,132 m³ de glace. Entre le lac et les sculptures étalées sur la place publique, il aura fallu déplacer plus d’un million de kilos de glace.
Saint-Côme, est fier de ses citoyens et de leur succès et s’enorgueillit de compter autant de talents.
« …Mais demande-leur de construire une tour, ils se conduiront comme des frères. » Cette pensée de Saint-Exupéry n’aura jamais été aussi véridique qu’à Saint-Côme.
À visiter: http://www.stcomelanaudière.ca
,
POUR LES AMOUREUX DU BOIS
Pour les amoureux du bois, de sa beauté, de ses essences, de la vie qu’il porte dans sa fibre, recevoir une pièce unique des mains de celui qui l’a façonnée est un cadeau du ciel.
Mais attention! Si, par mégarde, vous tombez en amour avec l’une de ses créations, pour la posséder, vous devez la gagner et non l’acheter. André Sabourin ne vend pas le fruit de son minutieux travail, car chaque pièce lui demande quarante à cinquante heures de passion et de patience. Elles n’ont donc pas de prix. Son plaisir est de les offrir à l’occasion d’un tirage par exemple ou en guise de remerciements ou alors, simplement pour semer du bonheur, entretenir l’amitié.
« Les gens qui les reçoivent semblent tellement les apprécier. »
Le skieur, le golfeur, le sportif retraité, libre comme l’air a d’abord suivi des cours de sculpture à l’École du meuble. L’artisan qui sommeillait en lui a vite bifurqué, délaissant son premier choix, pour expérimenter une avenue originale, celle de créer des objets à partir de multiples essences de bois aux couleurs variées.
Ses outils? Un vieux tour à bois industriel et des ciseaux. Le résultat repose entre les mains du créateur : choix de la forme, des proportions, de l’usage qu’on en fera, des nuances variées de ses retailles de bois qu’il collectionne précieusement à la manière de la couturière. André demeure à l’affût de variétés « rares » parfois de la taille d’une éclisse qui, une fois taillées, collées, sablées à l’infini puis vernissées feront de l’objet un véritable chef-d’œuvre doux au toucher comme de la soie.
Modeste comme pas un, André me dit en regardant son vieux tour à bois « si un tourneur professionnel me voyait faire, il se moquerait de moi. »
LES JÉSUS DE CIRE
Noël est dans l’air. Et Noël ne serait pas ce qu’il est sans sa Messe de Minuit et ses cloches « appelantes » qui invitent à toute volée, sans son Minuit Chrétien entonné avec ardeur, sans sa crèche et son Jésus de cire dévotement posé sur la paille fraîche.
« Il y a cette nuit là, entre tous les Êtres, un fil mystérieux, une sorte de parenté de l’âme » nous dit Joseph Templier.
Le Jésus de cire retient mon attention. Un jour, j’ai rencontré une religieuse, Sœur de la Miséricorde qui, avec patience et minutie employait toutes les miettes de son temps à mouler et démouler des centaines de petits personnages aux formes joufflues, roses comme des poupons, mais avant tout, objets d’art, de culte et de vénération.
Tout au long des années, les fonds recueillis par la vente des Jésus étaient destinés à aider les femmes en détresse et les jeunes mères soutien de famille.
L’atelier où l’artiste se réfugie pour prier à sa manière est un sympathique chantier jonché de moules de plâtre, de boîte de carton, de personnages de crèche, de statues ébréchées, de Jésus « hospitalisés », car, entre-temps, il faut le dire, la religieuse répare, raccommode et réforme les Jésus blessés par la chaleur trop intense ou les mains malhabiles.
« Il n’est pas rare de voir quelqu’un me confier le Jésus brisé ou abîmé qui lui vient de sa mère ou de sa grand-mère et qui avoue y tenir comme la prunelle de ses yeux. » Les Jésus se transmettent de génération en génération.
C’est à partir de cire d’abeille à laquelle on ajoute un mélange de spermaceti (blanc de baleine), de carbonate de calcium, de paraffine, d’acide stéarique que l’on façonne les « Enfants-Rois » une fois moulé, ensuite démoulé, le nouveau-né qui en ressort est essuyé à la térébenthine, mais pas avant qu’on l’ait poli.
Le visage est peint. La coiffure est réalisée de cheveux naturels. Les mèches sont préalablement entourées sur une aiguille à tricoter, chauffées puis collées sur la petite tête. Les yeux sont d’infimes pupilles d’un bleu profond. Délicatement incrustés, ils donnent l’impression de s’animer comme par miracle sous le regard attendri de la mère.
Enveloppé dans un lange orné de dentelle, déposé sur la paille, voilà Jésus prêt pour la crèche. Le mystère de Noël une fois de plus est accompli.
« Comment tu savais qu’il y avait toutes ces bêtes dans le panache de l’orignal? » demanderait l’enfant émerveillé en regardant les oeuvres de Mario Landry.
Avant d’aller dormir, car je suis exténuée, (l’âge direz-vous…)Il faut que je vous montre ces véritables merveilles que sont ses sculptures sur bois.
Sur bois, oui! mais pas n’importe lequel.
Ce sont les bois des orignaux et des cerfs de Virginie communément appelés chevreuil qui, sous les doigts agiles de Mario se métamorphosent en œuvres d’art en évoquant des scènes de la vie quotidienne des animaux en forêt..
Mario Landry qui habite à l’orée des bois, dans la Baie des Chaleurs en Gaspésie se garde bien de se dire sculpteur. « “C’est mon hobby, ma passion, je les fais pour moi, par plaisir”
Si vous osez lui demander ce qu’il est dans la vie, il vous dira humblement : “je suis un autodidacte rien d’autre”
On se rappellera que les bois des orignaux et des chevreuils sont de véritables os et, pendant leur croissance, ils sont nourris aussi bien par les vaisseaux sanguins, grâce aux pédicules (structures allongées supportant un organe), que par la peau velue qui les recouvre.
Au fil des saisons, le velours s’assèche et commence à se détacher peu à peu du tissu dur et osseux de la tige. Pour en accélérer la chute, les mâles frottent leurs bois contre les petits arbres et les arbustes. La chute des bois, quant à elle, survient entre décembre et mars, ordinairement en janvier.
C’est à ce moment que Mario Landry arpente sa forêt à la recherche de ces précieux vestiges abandonnés sur la neige.
Taxidermiste à ses heures, c’est son deuxième hobby.
Le plus simplement du monde, l’homme aux milles talents nous entraîne dans sa forêt enchantée.






