OU LES ÉCUREUILS, OU LES CONFITURES

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Il y a un mois, tout y a passé : figues, raisins, groseilles, prunes, pommes et j’en oublie. Vous avez deviné! Les écureuils ont profité de notre absence pour se gaver comme des goinfres.
Il fallait entendre le ton de mon producteur-fruitier quand il a ramassé le misérable noyau du dernier coing qui gisait à moitié croqué, sur le sol gelé. Le fruit n’étant pas assez mûr au goût de la bestiole.
Le verdict est tombé, le sort est jeté. Les yeux tournés vers la cime, l’homme de ma vie m’annonce qu’il escaladera MON arbre.(Vous ne vous trompez pas, j’ai bien dit MON arbre, témoin de 50 années de vie à deux, producteur annuel de MON quatre litres de sirop d’érable et de ma plus belle zone d’ombre et de fraîcheur estivale,) non pas pour y cueillir quelques feuilles emblématiques aux couleurs d’automne pour me les offrir, une fois redescendu sain et sauf, mais pour démanteler l’amas de feuilles et de brindilles tissé serré dans un embranchement et qui sert de condo à nos indésirables quadrupèdes rongeurs pourtant si jolis.
Mon petit côté écolo se rebiffe à la pensée de déloger nos locataires juste avant la saison hivernale. Ce geste, presque inhumain à mes yeux, il le pose au moins deux fois l’an; au printemps et à l’automne. À chaque saison, le ramassis de feuilles est érigé de plus en plus haut dans l’arbre comme pour défier la hauteur de l’échelle.
Ce matin, je jette un regard sur MON érable dénudé et, que vois-je? Pas un, mais deux condos perchés non pas sur des branches le long du tronc et accessible pour mon malfaiteur. Plutôt, ils sont greffés à des hauteurs vertigineuses et cette fois inaccessibles.
Je me demande s’ils n’ont pas fait exprès pour déjouer mon prédateur et passer l’hiver en toute quiétude.

CRAQUELINS SUCRÉS-SALÉS

Il n’y a pas que les chevreuils et les oiseaux à nourrir, il y a les « amours ». Voici une recette toute simple, mais combien réconfortante à offrir à l’heure de la collation

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Des craquelins Ritz que vous recouvrez du quart d’une tranche de fromage Kraft et que vous chapeautez d’une demi-guimauve. Vous passez au four (broil) (parce qu’écrit en anglais sur votre cuisinière) le temps que vos guimauves prennent un ton doré et soient fondantes. Vous m’en donnerez des nouvelles. Le petit goût salé sucré est irrésistible.

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Pendant que je cuisine, voyez qui est dans ma fenêtre?

UN BEAU DIMANCHE AUTOMNAL

Dans les Laurentides et surtout à Tremblant, il n’y a pas que les chevreuils qui nous font tomber dans les pommes. La nature est à son paroxysme et j’ai pensé vous inviter dans notre forêt presque enchantée tellement elle est colorée et invitante. Nous irons jusqu’à « La Diable ». Quel joli nom pour une rivière sinueuse à souhait.

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Je vous invite à nous suivre…

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Courage. Fredonnons ensemble la très belle chanson de Ferland: Un peu plus haut, un peu plus loin.

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Prêtons l’oreille au bruissement des feuilles sous nos pas

<a La tribu vous invite à faire une halte près de La Diable?

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La Diable se fait frileuse à l’approche de l’hiver

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La tribu vous invite à faire une halte medium_DSCN2383.2.JPG

Sinead vous remercie de nous avoir accompagnés.

MON POTAGE D’AUTOMNE

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POTAGE À LA CITROUILLE
125 ml d’oignon haché
250 ml de céleri haché
250 ml de pomme de terre pelées et coupées en cubes
1 L de citrouille coupée en cubes
700 ml de bouillon de poulet
450 ml de lait
30 ml de beurre
Sel et poivre au goût
Faire fondre le beurre dans une casserole puis y faire revenir à feu moyen l’oignon le céleri, les pommes de terre et la citrouille pendant 4 à 5 minutes en remuant fréquemment.
Ajouter le bouillon de poulet et amener à ébullition. Réduire à feu doux et laisser mijoter pendant 25 minutes ou jusqu’à ce que les légumes soient tendres.
Retirer du feu et passer le tout au mélangeur jusqu’à l’obtention d’une consistance homogène. Remettre la purée dans la casserole sur un feu doux en ajoutant graduellement le lait tout en remuant. Saler et poivrer. Une petite touche secrète : Sur la pointe d’un couteau ajouter un tant soit peu de poudre de cari.
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LE RITUEL DU REPAS

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Pour souligner la saison des récoltes, j’ai demandé, un jour, à la théologienne, France Quéré, auteure de nombreux ouvrages dont : Famille, publié aux Éditions du Seuil, de nous inviter à réfléchir sur la façon dont nous vivons le repas dans le quotidien.
Je vous livre sa réflexion.
Est-ce une infirmité ou une grâce? L’homme se nourrit trois fois par jour. Et comme rarement il se dérobe à cette obligation, trois fois par jour il lui est donné d’arrêter son ouvrage, de s’asseoir, de mordre dans des fruits agréables, et s’il n’est pas seul, de s’adonner aux plaisirs de la conversation. Je sais qu’il y a des peuples qui dinent silencieusement (même en pique-nique), comme les Danois, et d’autres, en Afrique, qui se réfugient dans la solitude pour manger, tant cette opération leur parait impudique. Mais ils sont des exceptions et cette petite assemblée, ces douces nourritures, ces voix qui se répondent apportent tous les ingrédients d’une fête peu dispendieuse, que peu d’entre nous tiennent à manquer.

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C’est l’heure du petit déjeuner de l’Action de Grâces
Les femmes le savent, qui embellissent leur table avec du linge propre, des objets étincelants ou des fleurs, sans parler des plats bien composés en forme de rosaces ou de frises. Elles se félicitent secrètement d’être ainsi les organisatrices de ces modestes célébrations qui, sauf accident, mettront de l’allégresse au cœur de chacun.
Trop belle est l’occasion : ils sont là rassemblées, heureux d’être assis et de suspendre leurs obligations, prêts à porter à leurs lèvres les mets préparés; la table est le lieu où se disent, sur le ton badin, et sans abîmer la joie légère qui y fleurit, les vérités qu’on veut exprimer, les reproches lancés comme des « billevesées », si on le peut. Car c’est encore la meilleure façon de se faire entendre. On peut aussi y raconter des histoires un peu longues, commencées aux entrées et accaparant le plat de résistance. C’est d’ailleurs ce que faisaient les Anciens agrémentant leur repas par des récitals de chansonniers ou des récits de voyageurs.
Chacun s’exprime librement et sans demander son tour de parole. Il suffit «qu’un ange passe » : Il donne le droit au discours, à condition que l’on ne barre pas trop longtemps le passage à l’ange suivant. La spontanéité éclate, les fâcheries se défont, sous le contrôle
d’arbitres parfaitement neutres dans le conflit et qui font taire les belligérants s’ils crient. La mère ou quelque aîné veille au grain, et corrige à table les injustices sociales qui sévissent là comme ailleurs : le plus grand n’en finit pas de narrer sa journée, la cadette s’est servie la première, et le petit dernier a encore profité de l’inattention générale pour essuyer sa cuillère à la nappe. Tous ces délits sont patiemment jugés et sanctionnés, autant de fois qu’il faut. C’est une éducation par imprégnation qui se donne là plutôt que par imposition et c’est la meilleure! On apprend à faire des parts égales dans les mets et les mots et à se tenir soi-même avec le plus de modestie possible. Si quelque chose de spécifique se déroule à table, c’est à la fois la gaieté du rassemblement, la justice des parts égales que l’on y taille et les rites de la politesse, qui ne sont pas des conventions mais des convenances, puisqu’ils sont dictés par le souci de ne pas offenser le voisin avec une tenue grossière. Je ne sache guère d’occasion qui nous apprennent à mieux « traiter » notre prochain que le repas au sens littéral de ce verbe qui signifie anciennement « recevoir à sa table ».
Qui eût cru qu’il y avait un peu de décalogue dans les sauces et les fromages?
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Le rituel du repas, france Quéré, publié dans le magasine « Fermières » octobre 1990

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SA TABLE EST MISE

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L’INVITÉ SURPRISE