Une maison petite avec des fleurs,
Un peu de solitude,
Un peu de silence,
Un ciel bleu,
La chanson d’un oiseau qui sur le toit se pose,
De l’ombre…
Et quel besoin avons-nous d’autre chose?
Victor Hugo
Maminie m’a fait mourir de jalousie ce matin avec sa confiture de coings et son savoureux poème.
Nous avons un cognassier à deux pas de notre figuier. Au printemps il nous a donné une profusion de jolies fleurs rouges promesse d’une récolte abondante. Tout au long de l’été, mine de rien, sans avoir l’air, nous soulevions les feuilles, pour contempler les embryons de fruits. Puis, vint l’automne et ses premiers frissons. Nos coings se laissaient dorer au soleil sans se douter un moment qu’ils finiraient en petits pots de confiture (un rêve)
Le jour venu, par un beau matin à peine frisquet, l’homme de ma vie décide d’aller cueillir un irrésistible petit coiing pour s’assurer qu’il est à point. Mon cueilleur le tâte, l’examine de toutes parts, le détache de sa branche et le dépose là (erreur fatale) dans l’idée de repasser plus tard pour la cueillette massive.
Vous ne me croirez pas. À notre retour, quelques heures plus tard, nous n’avions plus l’ombre d’un fruit.
Notre modeste cognassier nous offre sa fleur pour nous consoler…
Par terre, tout autour de l’arbuste sauvagement attaqué: des miettes d’écorce et de chair grugée. Vous auriez dû voir la tête que nous avions.
Qui a volé, a volé, a volé …chanterait Bécaud.
Les écureuils pensons-nous!
Quoi faire l’an prochain pour protéger nos coings?
Il faut que je vous raconte…
Mon petit-neveu de cinq ans a reçu en cadeau un « capteur de rêves » qu’il a placé, comme il se doit , dans la fenêtre de sa chambre.
(Selon une légende amérindienne, « le capteur de rêves » laisse passer les beaux rêves au travers de la toile tissée tandis que les vilains rêves restent prisonniers dans la toile pour être brûlés par les premières lueurs du jour)
Une nuit, le chérubin réveille sa maman pour lui dire que son capteur de rêves est plein.
Ma nièce, très enceinte à ce moment-là, (un quatrième héritier) avec la douceur et le calme que je lui connais, se lève, ramène le chéri dans sa chambre et va simplement souffler dans le capteur de rêves en lui disant pour le rassurer : « il est vidé, tu peux dormir maintenant.
Belle-maman! (Vous avez deviné, c’est ma belle-fille au téléphone) nous sommes le 23 septembre. Nous sommes en plein équinoxe de l’automne et que fait-on au moment de l’équinoxe?
C’est l’enseignante qui me pose la question.
En bonne élève qui se souvient de l’an passé, à la même date, je m’empresse à répondre : « nous faisons tenir les œufs debout »
Bravo! Me dis-je? J’ai réussi l’examen théorique, passons à l’examen pratique. J’accorde ce plaisir à l’homme de ma vie, le sommant de s’exécuter sur-le-champ, c’est-à-dire de sortir la douzaine d’œufs du frigo et de passer à l’action, soit, de faire tenir un œuf debout sur une surface bien lisse. Pourquoi lisse? Pour éviter que les septiques prétendent que l’œuf tient debout grâce à un renfort si minime soit-il ou bénéficie de l’appui de quelques graines de pain par exemple.
L’admirateur ébahi en est à son troisième œuf. L’examen pratique est un franc succès. Voilà que ni un, ni deux, mais trois œufs frais trônent allègrement sur notre table de bois verni.
Jean de La fontaine dirait : Dieu fait bien ce qu’il fait et ajouterait cette fois : sans en chercher la preuve dans l’œuf je la treuve…
On se rappellera que les équinoxes de septembre et de mars sont les deux moments de l’année où le jour et la nuit sont approximativement de même durée. (voir Wikipédia sur le Web pour la description de l’équinoxe)
Pour réussir l’expérience, il faudra attendre au moment de l’équinoxe du mois de mars. Entre-temps vous pouvez toujours tenter votre chance…
Un clin d’œil au moment de terminer notre randonnée de 72 km sur la voie cyclable du p’tit train du Nord dans les Laurentides
Non non! ce n’est pas le célèbre pont d’Avignon, mais bien l’un des nombreux petits ponts sans nom qui permettent aux cyclistes de traverser ou d’admirer la « Rivière Rouge » qui coule au gré de sa fantaisie, tantôt frissonnante, tantôt calme et langoureuse.
Une halte fort appréciée devant l’une des multiples gares transformées en aire de repos.
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C’est le moment de se dire aurevoir…
Dans la revue Notre Temps du mois d’octobre, on nous suggère le « Troc par-dessus la haie » L’article m’a rappelé cette coutume automnale d’échanges de graines ou de bulbes que nous pratiquons entre amis et voisins dans mon coin de pays de froidure.
Un jour (parce qu’elle m’adorait) la petite dame de porcelaine (tante de mon mari) 98 ans à l’époque, me confia une précieuse plante en me rappelant qu’elle n’a jamais cessé de fleurir depuis que sa propre tante (qui avait déjà plus de 60 ans) lui offrit le jour de ses 16 ans en 1923.
À mon tour, je la bichonne, lui parle, la menace si elle ne fleurit pas abondamment. À l’Action de Grâce, nous rentrerons le précieux trésor et le diviserons pour en offrir à nos 3 héritiers, souhaitant qu’ils perpétuent la tradition et que tante Germaine demeure dans leur mémoire.
Je suivrai les consignes de Pierre-Yves Nédélec, auteur de l’article en question J’indiquerai le nom de la plante (que je cherche éperdument) je raconterai ses origines, etc. Entre temps, j’irai chez mon jardinier avec l’enfant chéri réclamer le nom de cette précieuse petite vie qui a allègrement traversé le vingtième siècle sans jamais cesser d’enjoliver notre décor.