Vous devriez voir comme c’est beau là-haut…

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Nous sommes au sommet de la station de ski Whistler Blackcomb en Colombie-Britannique, située à l’autre extrémité de mon pays. C’est ici qu’auront lieu, du 12 au 28 février 2010, les 21es Jeux d’hiver.
Je vous présente Ilanaaq qui signifie « ami » en inuktitut. C’est une version contemporaine de l’inukshuk. (Se prononce in-ook-shook). Il est l’emblème des Jeux olympiques d’hiver 2010.
Inukshuk, est un mot inuit signifiant « l’image de l’esprit de l’homme ». À l’origine, les Inuits bâtissaient des sculptures de roches à l’effigie de l’homme au long des rives canadiennes comme repères pour montrer le chemin. Aujourd’hui, elles servent de symboles pour nous rappeler notre dépendance l’un envers l’autre et l’importance de relations véritables.
Whistler, autrefois London Mountain fut rebaptisé en hommage aux marmottes (siffleux en langage familier aux Québec) qui vivent dans ses hauteurs.
Whistler et Blackcomb, la montagne jumelle, reliée au pied reçoivent en moyenne dix mètres de neige par année. À deux, elles totalisent quelque 200 pistes et on y accède grâce à 38 remontées mécaniques. Il est le centre de ski le plus important d’Amérique.

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La remontée mécanique Symphony Express, donne accès à l’amphithéâtre du même nom. Mille âcres de neige à portée de ski. Un paysage à couper le souffle.
Micheline, Jean-Claude, l’homme de ma vie et votre blogueuse s’en donnent à cœur joie dans la poudreuse, en hors-piste, en sous-bois et sur des pentes douces comme de la soie, et ce, pendant six jours de rêve. Pour en avoir plein les yeux : http://www.whistlerblackcomb.com

Pâques

Je suis folle de joie!
Mon petit canard a fait des siennes.
Aujourd’hui, je vais et je viens des chaudrons à mon ordi, pour vous lire.
L’Homme de ma vie et moi sommes à cuisiner notre brunch de Pâques. Nous recevrons nos enfants et petits-enfants. Nous sommes habituellement dix-neuf à table. C’est fantastique.
Nous sabrerons le champagne. Oui oui! nous sabrerons le champagne sous les yeux émerveillés des plus jeunes.
Aujourd’hui, dans la maison, il y a des odeurs de Pâques. Vous savez ce que sont les odeurs de Pâques?
C’est un jambon dans la « fesse »qui mijote doucement dans la bière et le sirop d’érable. Ce sont les fèves au lard qui cuiront lentement, au four, durant la nuit. Ce sont les petites pommes de terre et les oignons qui rissolent dans le gras de bacon. Oh malheur! Je vous vois grimacer en pensant à votre foie. Ce sont nos mets traditionnels du temps des sucres. Il y aura le sirop d’érable qui provient de notre propre érable. C’est son cadeau pour Pâques. Il aura fallu faire bouillir la sève durant des heures pour récolter le précieux nectar.
Il y aura les œufs bénédictines, le rôti de porc accompagné de sa graisse de rôti comme les gens de la Normandie savent faire, le pain doré pour les petits; les confitures maison
Et beaucoup d’amour et d’éclats de rire.
Tout à l’heure, je reviendrai à mon ordi voir ce qui se passe sur mon blog.
Une fois de plus : Joyeuses Pâques!

COUCOU, C’EST MOI ENSEVELIE SOUS LA NEIGE

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Vous croyez que je rigole? Pas du tout. À cause de cette fichue de neige, plutôt que d’être assise à mon ordi en train d’écrire, je skie. Conséquence : mon pauvre petit blogue que j’aime tant hiberne comme un ours mal léché.
La preuve? Une photo.
Voici votre modeste blogueuse entourée de ses armoires à glace – expression bien québécoise pour décrire des gars costauds. Nous formons l’équipe de moniteurs de ski alpin au service de Ski Bon Âge. L’association est composée de quelques centaines de retraités qui se retrouvent une fois la semaine pour pratiquer avec passion et technique leur sport d’hiver favori et recevoir du ski-conseils.
Chacun de nous a d’abord suivi un programme de certification de l’Alliance des moniteurs de ski du Canada. (AMSC). Une fois l’an, notre équipe participe à un séminaire de formation, histoire de se retrouver et d’améliorer ses connaissances techniques.
Cette année, les sourires qui animent les visages, nous les devons à notre formateur Gilbert Gratton, en rouge et tête nue au bout de la rangée.
Venez nous visiter
http://www.skibonage.net

La main de tous les jours…

« Quelle adorable plante! » s’exclame avec admiration la Passante. « Attendez! je reviens avec mon mari, je veux qu’il la voit ».
Dire que ce vulgaire arbrisseau replié sur son tronc, entassé pêle-mêle parmi des dizaines d’autres allait passer inaperçu. Maintenant détaché du peloton, tige libérée, feuillage défroissé, il crâne, altier, au milieu de la place, prenant une envergure telle, à croire qu’il fleurira sous nos yeux ébahis.
Du haut de son mètre et quelques… coiffure aux mèches désordonnées, la Coquette imagine déjà le feuillu planté dans son décor. Étant de soie, il n’aura pas à redouter le soleil ni le manque d’arrosage en cas d’absence prolongée des tourtereaux.
D’un pas agile, portant à merveille le poids des années, notre Fleuriste à ses heures s’envole, laissant derrière elle l’odeur d’un parfum qui lui ressemble.
Je voudrais lui dire qu’elle est belle. Dans ses yeux couleur de brume, il y a l’émerveillement; dans son sourire, la joie de vivre; dans sa voix, l’enthousiasme.
Puis, réapparaît la Visiteuse, cette fois escortée de son Vieux. Comme elle, le retraité est dans la soixantaine avancée. Il avance d’un pas hésitant. Derrière, sa Moitié qui le suit depuis près de cinquante années.
En me voyant, il retire sa main de la main qui l’avait entraîné jusqu’à moi. Jusqu’à la plante. Jusqu’au désir de la Légitime que le temps et l’âge rendent plus élégante encore.
D’un geste coutumier, elle empoigne de nouveau les doigts libérés du Chevalier servant. Je remarque que les joncs se touchent.
« Regarde comme elle est belle. Comme elle irait bien… »
Avant même d’indiquer l’endroit où elle prendrait racine, la phrase est interrompue. Les doigts se délient.
« On n’est pas venu pour ça, murmure le Grincheux »
« D’accord, mais elle est tellement belle », réplique l’épouse.
« On n’est pas venu pour ça te dis-je. Tu le sais bien! »
La voix est ferme, un tant soit peu autoritaire. Cela se perçoit. Le sourire n’y est pas. Celui de la Sexagénaire s’estompe lentement. Même sérieux, le visage traduit tout de même un certain bonheur.
Qui a dit qu’elle voulait acheter cette plante? Tout simplement voulait-elle partager son admiration pour l’exquis bouquet de verdure? Ou mieux, témoigner à son Bien-Aimé l’importance qu’elle met à cajoler leur bonheur. C’était sa façon de dire : “Nous pouvons encore rêver, se faire de petits plaisirs, enjoliver notre nid”.
Il se pourrait que pour la Romantique, la plante soit l’excuse, l’alibi?
Pour qu’elle retrouve sa mine enjouée, j’aurais voulu lui souffler à l’oreille : “Revenez un autre tantôt. Ce n’est pas le meilleur moment, votre Vieux est sans doute fatigué ”
Hélas! les Mains-Vides sont repartis, sans jeter un dernier coup d’œil au feuillu convoité.
Mi-rêveuse, mi-songeuse, jusqu’à ce qu’ils disparaissent, je les ai suivis des yeux me disant :
“Pour elle comme pour lui, cette histoire de plante est sans conséquence, voire banale. Dans une heure, ce sera déjà du passé. Déjà oubliée.”
Qui sait! Un peu plus tard, à l’épicerie, ce sera peut-être au tour de l’Amoureuse de contrarier son Gourmand en replaçant sur le rayon le sac de biscuits au chocolat qu’il avait savoureusement glissé dans le panier.
Tu sais que le chocolat n’est pas bon pour ton diabète dira-t-elle avec autorité, sans remarquer la déception de l’Autre.
Et puis, machinalement, sa main rejoindra la main de tous les jours, pour la reprendre, comme elle a fait tant de fois et ils poursuivront ensemble leur chemin, comme si de rien n’était.

La cabine d’essayage ou l’instant de vérité

À la voir se contorsionner pour sortir du mini cubicule faisant office de cabine d’essayage, je me suis dit : « Ce n’est pas vrai! »
Dans un espace aussi réduit, comment a-t-elle pu enfiler cette jupe fourreau dont l’ouverture sur un côté laisse voir le galbe d’une jambe lourde et gonflée.
Je parie que ces isoloirs ont été dessinés par un architecte habitué à garer sa voiture japonaise. Heureusement, une draperie remplace la porte accordant à l’essayeuse une certaine liberté de mouvement.
Précisons que nous ne sommes pas chez Winners ou chez
Wal*Mart. Nous sommes bel et bien dans une boutique branchée, fréquentée par des dames d’un certain âge, aux cheveux blond cendré, pour ce qui reste de ceux-là. Les chéries sont bien en chair. Ma mère dirait grassouillettes. Comble de chance, elles sont les épouses de professionnels, d’industriels ou de cadres nouvellement retraités.
Aux saisons, c’est un rituel. Sur invitation adressée à la précieuse clientèle, celle-là s’amène renouveler sa garde-robe.
Sachant que les précieuses conjuguent magasinage et sortie mondaine, un salon de thé grand comme un mouchoir, mais fort sympathique est à leur disposition. Petit doigt levé, on y déguste, tisanes aux noms enchanteurs dans de jolies tasses « Bone China made in England » signées Wedgwood ou autres du genre. Il y a toujours les irrésistibles petits fours légers comme l’air pour agrémenter la conversation.
Dans cette enclave, propice à la confidence, se règle le sort des veuves esseulées et les intrigues amoureuses qui flottent dans l’air. On chuchote des noms, on parle divorce, maîtresses et amants et pension alimentaire.
Sachant aussi qu’elles sont nombreuses à ne pas conduire le bolide conjugal, on a donc aménagé pour ces messieurs, en disponibilité, il s’en trouve, grâce à Dieu un discret petit refuge garni de cossus fauteuils de cuir et de tables jonchées de magazines convenant à leur statut : Fortune, Actualité, Time, etc.
Jusque-là, tout va bien. Madame est dans son monde, Monsieur, dans le sien.
Chez les moitiés en attente, les maris, il s’en trouve toujours un, n’écoutant que sa curiosité ou le poids de la carte bancaire, qui a l’audace de s’introduire inopinément là où les acheteuses tentent à tout prix de trouver chaussure à leur pied, c’est-à-dire la taille qui convient; précisément là où sont élégamment disposés : tailleurs griffés, chemisiers couturiers et carrés de soie signés.
Revenons à notre cliente ou mieux à notre ex-sirène. Ce jour-là, le fureteur de mari, c’est le sien, le chauffeur de madame. Et moi, pauvre de moi, j’assiste à une scène qui me stupéfait et m’attriste profondément.
Au moment où la légitime apparaît, après avoir réussi, cette fois, à enfiler un corsage de soie assortie à une jupe portefeuille, le hasard veut que le Seigneur et maître soit là, flanqué devant la cabine d’essayage.
La sortie triomphale de notre acheteuse se transforme en cauchemar, à l’instant même où le cruel miroir lui renvoie la vérité, toute la vérité.
Il n’y a pas que la jambe dégagée qui accroche le regard. Il y a aussi les avants-bras que le temps a ramollis et rendus flasques,
Pourtant me dis-je, les vendeuses sont aguerries. Elles ont l’habitude de se voir confier les restes de l’âge et les malheureux kilos en trop accumulés au fil des ans. Elles savent proposer les trompe-l’œil.
Les yeux braqués sur la glace, complètement décontenancée à la vue de son image, la pauvre se tourne carrément vers l’homme de sa vie, pour connaître son opinion.
«Çà va! » marmonne monsieur le juge, le regard évasif.
Les sanglots dans la voix, notre mannequin taille plus lance un : « Tu ne me vois pas? Regarde l’allure que j’ai! Je déborde de partout! Tu oses me dire que ça va! »
Ne sachant plus sur quel pied danser et à quel saint se vouer, l’homme hausse les épaules, se tourne vers la vendeuse ne trouvant rien de mieux à dire que : « Mon Dieu que les femmes sont agressives de nos jours! »
Estomaquée, je me dis : ou bien il la voit à la manière de Saint-Exupéry « Avec les yeux du cœur » ou alors il se fout complètement de l’allure qu’a sa bobonne.

Taipei 101, quatre-vingt neuf étages en trente-neuf secondes…

medium_dscn1257.2.jpgVous avez une peur bleue des ascenseurs. Vous l’avez même avoué dans votre dernier Blog. C’est une phobie. Vous ne comptez plus les fois où vous avez monté à pied cinq ou six étages, plutôt que de vous engouffrer dans ces cages de malheur.
D’où vous vient cette peur morbide? Vous prétendez deviner les causes.
Par exemple, un jour, le monte-charge que vous aviez emprunté se retrouve brutalement au fond du puits, après avoir rebondi deux fois. Votre petite personne a failli rendre l’âme. Une autre fois, vous êtes demeurée coincée entre deux étages dans l’ascenseur de votre magasin favori. Il n’en fallait pas plus pour penser que votre dernière heure était arrivée.
Un psy comprendrait sûrement votre malaise mais vous n’en avez jamais consulté un.
Le jour où vous annoncez à vos héritiers (vos neuf petits-enfants) que vous vous envolez pour un congrès à Taipei (Taiwan), ils s’empressent de vous dire, comme si vous ne le saviez pas déjà que : « C’est là où se trouve le plus haut gratte-ciel du monde. » On n’ose pas vous demander: « Grand-maman, tu vas monter ?». Le silence est éloquent. Pour ne pas les décevoir, vous avez compris qu’il faudra être à la hauteur de l’image qu’ils se font de vous.
Au bout de dix-huit heures de vol et douze heures de décalage, avant que l’avion se pose sur la piste, vous avez scruté le ciel de Taipei de long en large et repéré l’objet de votre cauchemar : le célèbre gratte-ciel illuminé.
Vous avez lu quelque part que les ascenseurs de ce majestueux bambou bleu-turquoise de 106 étages prennent 39 secondes.. Votre cœur tiendra-t-il le coup? En cas de doute, vous avez les excuses pour ne pas monter.
Au lieu de savourer le moment et admirer le joyau taiwanais, vous retenez votre respiration et vous vous mettez à égrener une à une, les 39 secondes que vous aurez à vivre si jamais vous trouvez le courage d’y monter.
À cœur vaillant rien d’impossible! C’est votre leitmotiv. Vous regardez l’homme de votre vie droit dans les yeux, vous avez un congrès et il a accepté de vous accompagner, vous prenez votre courage à deux mains et sa main du même coup et, d’une voix de sergent-major, vous ordonnez : en haut les cœurs!
Après avoir franchi courageusement les portes de l’ascenseur non sans un petit serrement au cœur et des papillons dans l’estomac, vous prenez une grande respiration comme votre prof de gym vous l’a recommandée. Puis, vous retenez votre souffle, les yeux rivés sur le tableau qui décompte les secondes pour vous. Contrairement aux craintes que vous aviez, la montée s’effectue tout en douceur. À la 39e seconde, vous reprenez votre souffle. La porte s’ouvre. Vous voilà au sommet. C’est l’extase! Taipei est à vos pieds et vous émerveille. Taipei, à perte de vue.
Ravie de votre exploit, vous savourez profondément le fait d’être là, au sommet de Taipei 101, le gratte-ciel le plus haut du monde. De retour à l’Hôtel, vous enverrez un courriel à vos descendants.
Quant à votre phobie des ascenseurs, n’en parlons pas pour le moment.
C’est trop beau là-haut.

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La structure de Taipei 101 ressemble à un magnifique bambou turquoise. Les Taiwanais adorent le bambou pour sa force, sa flexibilité et le vide intérieur qui rappelle la modestie et l’humilité. La tour a acquis son titre de plus haut édifice du monde le 9 octobre 2003. Taipei 101, avec ses 508 mètres de hauteur compte 101 étages divisés en huit sections de huit étages (un chiffre chanceux pour les Taiwanais symbolisant la prospérité) La tour pèse 700,000 tonnes avec une superficie de 412 500 mètres carrés. Elle aura coûté 1,7 milliard d’euros. Dans les premiers jours ouverts au public, Taipei 101 a accueilli 500 000 visiteurs. Elle en reçoit quotidiennement 50,000. Situés au 5e étage, les ascenseurs les plus rapides au monde atteignent le 89e étage en 39 secondes. (1,010 par minute) là-haut, des télescopes géants situés tout au tour de l’observatoire intérieur offre à ses visiteurs une vue spectaculaire de Taipei et de ses montagnes. Pour ceux qui aimeraient descendre à pied, 2,046 marches séparent le 89e étage du bas. Les visiteurs peuvent monter à pied du 89 au 91e étage et photographier les 10 derniers étages qui en font le gratte-ciel le plus haut du monde. Elle a été construite pour affronter les vents violents dus aux typhons ou aux tremblements de terre.
Une colossale boule d’acier de 660 tonnes métriques et d’un diamètre de 5,5 mètres (feng shui) est suspendue au 88e étage. Son rôle, stabiliser amortir de 30 à 40 % les mouvements de l’édifice en cas de vents violents ou de tremblements de terre.

Et voici une partie de l’intérieur
En entrant dans le gratte-ciel, un petit coup d’oeil vers les cinq étages réservés aux plus luxueuses boutiques du monde.
Un regard en bas sur le premier étage et ses jardins intérieurs