Un moment rêvé

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Immanquablement, il suffit que vous lanciez d’une voix de conquérante : « J’ai une idée » pour que l’homme de  votre vie sursaute, juste à  se demander s’il a bien entendu.  Sur un même ton, vous lui annoncez avec enthousiasme et conviction que  l’arrière-grand-mère  a décidé de photographier  ses vigoureux et adorables G4 (les enfants de vos  petits-enfants) tous présents  au  traditionnel brunch  familial du dimanche de Pâques .  

Ayant craint le pire, l’arrière-grand-père  est rassuré sur-le-champ.  Pour réaliser votre désir le plus cher, vous compter sur vos plus fidèles supporteurs : vos petits- enfants affectueusement appelés les G3  (qui sont les enfants de vos enfants).

Rappelons-nous que ce n’est pas une mince affaire que de rassembler et d’immobiliser huit petites vies, en chair et en os et nanties d’un plein d’énergie jusqu’alors inimaginable.  D’abord, les réunir tous, même jour même heure, et réussir à les asseoir, les uns contre les autres, c’est déjà une victoire», ne plus bouger, garder le sourire, ne pas faire pleurer la cousine, ne pas sortir la langue ou faire la grimace à son voisin, ne pas fermer les yeux , regarder l’appareil photo et quoi encore..

Vous auriez dû voir la brochette de parents  s’évertuer comme des ados dans le but de retenir  l’attention de leur marmaille: soudain, sur un ton victorieux, vous reprenez  ce sublime message  de votre père au moment de photographier sa petite fille. vous. « Regardez-bien, le petit oiseau va sortir! »

Sur la photo de gauche à droite : Julien, Jade, Arthur, Charlotte, Emily, Thomas, Ella et  laila.

Pâques ne serait pas ce qu’il est …

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Me revoilà parmi vous, à l’heure de célébrer le premier souffle d’un printemps qui se veut frileux et de son premier avril tout en vous ayant épargné  de courir le poisson.

Avril, emmailloter de son édredon de neige et qui n’en finit plus d’hiberner  grâce à qui, pour le bonheur et la joie des amoureux  de la glisse, prolonge allègrement les sports d’hiver dans des décors féeriques.

 Les temps ne changent rien aux coutumes. «En avril! On ne se découvre pas d’un fil».  Vous connaissez, le dicton pour l’avoir mille fois entendu? 

Avril est un mois  truffé de traditions et de rituels, transmis de génération en génération, depuis la nuit des temps.

 «C’est le réveil de la nature, tout va revivre au grand soleil » chantait gaillardement  l’oncle Nérée, revenant du ruisseau d’où il rapportait un beau cruchon d’eau de Pâques à conserver précieusement. On ne connaîtra  jamais les vertus de sa cueillette puisée à la levée du jour, pas plus que l’on en découvrira l’usage.

En songeant au dimanche de Pâques, on se souvient…  de ces chasses aux cocos de Pâques dans les sous-bois lesquelles font le bonheur des petits; de la légende des cloches de Pâques, qui rejoint abondamment l’imaginaire des moussaillons, des cérémonies de la Semaine sainte chargées d’émotions.

Et puis, Pâques ne serait pas Pâques sans cet incontournable rituel rassemblant les quatre générations de notre tribu autour de son traditionnel festin aux odeurs de cabane à sucre et de tire sur la neige.

Repas gargantuesque composé d’un jambon à l’érable, de fèves au lard maison, d’un rôti de porc et de sa graisse de « rô » recette ancestrale transmise de mère en fille; de ses incontournables œufs Bénédictine» (composé d’un demi-muffin anglais, recouvert de jambon ou de saumon fumé, surmonté d’un œuf poché nappé de sirop d’érable, le tout enrobé d’une sauce hollandaise). Ce pur délice concocté par une brigade  hors pair formée de la  G3 est accompagné de bacon bien croustillant et de creton à l’ancienne. Pour le comble de la gourmandise, au menu, le maître des lieux  ajoute de son propre chef sa copieuse recette de pommes de terre dauphinoise.  Les  brioches de la semaine sainte (hot cross buns), les crêpes au sirop d’érable de Nadine et le gâteau renversé aux ananas et sa sauce couronneront cette précieuse tradition familiale du jour de Pâques.

On a beau se dire, le printemps et les beaux jours  nous apportent un regain de vie. En parlant de vie, la tribu compte une nouvelle Pitchounette, prénommée Émily, huitième de la G4, née le 7 février dernier.  Félicitations aux heureux parents Maryse et Anthony.

Au nom de la tribu entière

je vous souhaite de 

JOYEUSES PÂQUES

sur une note de crécelle, comme autrefois.

Un jour dans l’histoire

Ravie de souligner mon entrée « triomphale » sur la nouvelle plateforme  de mon Blog : je vous regarde vivre.home. blog  et de vous souhaiter la plus chaleureuse des bienvenue.

Pour son inauguration, j’ai choisi de reproduire ma première note publiée  antérieurement dans « jevousregardevivre.blog50 » le 10 octobre 2006. C’était il y a treize ans déjà.

Cette note  fut pour moi une irréfutable source d’inspiration dont l’objectif se poursuivra longtemps, je le souhaite : « Raconter les moments forts et rassembleurs  de notre tribu, au fil du temps qui passe  et les graver à jamais pour les générations à venir. »

BLOG GÉANT POUR GÉNÉRATIONS  FUTURES

«Ce matin, je lisais dans un quotidien londoniens que: «la population britannique était invitée à participer au plus « grand  blog » de l’Histoire destiné à laisser aux générations futures les traces d’une journée classique en Grande-Bretagne au XXIe siècle et qui sera conservé à la British Library».

Lancée par des organisations britanniques de protection du patrimoine, le projet « One day in History » ( un jour dans l’Histoire) a invité tous les habitants du Royaume-Uni à enregistrer la chronique de leur journée du 17 octobre 2006 sur un blog commun .
La participation des blogueurs permettra de faire une « photo électronique géante » de la société. Ils attendent environ 100 000 contributions. Elles peuvent être déposées jusqu’au 31 octobre 2006 et doivent comporter entre 100 et 650 mots.

Génial!  Qu’en dites-vous?

J’ATTENDS VOS COMMENTAIRES

LES VOEUX DE LA TRIBU

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En ce lendemain de premier jour de l’année, avant même d’avoir formulé ma «résolution du Nouvel An», sans savoir si elle tiendra le coup, figée et rêveuse devant notre photo de famille 2019, imprégnée de calme et de silence où seul le crépitement d’une bûche dans l’âtre se consume, j’en suis à me demander 

« Qui suis-je, moi pour éprouver tant de bonheur en contemplant une pareille photo?

Une femme qui célébrera avec l’homme de sa vie leur 63e anniversaire de mariage d’ici peu? maman de trois admirables enfants? grand-maman de neuf petits-enfants, de sept merveilleux « arrières », une huitième étant sur le métier et par surcroît acceptée par d’attachants conjoints.

À la pensée d’imaginer ce qu’il a fallu à tous, pour se regrouper le même jour, à la même heure, à la minute prêt, de s’entasser pèle-mêle, coude à coude dans cette rassembleuse escalier qui mène à l’étage; de prendre une place sans cacher l’autre ou sans disparaître derrière un plus vieux, un plus grand, un plus fort; sans réclamer quoi que ce soit de l’espace convoité; accepter de se prêter aux désirs des uns et des autres, offrir son plus beau sourire sans le perdre à attendre, patienter sans broncher, le temps du déclic de l’appareil photo, seul témoin de cette traditionnelle et irremplaçable photo de notre tribu. Dixième des neuf autres fixées à jamais dans l’histoire et le temps.

Qui suis-je moi? Sinon la blogueuse cherchant l’inspiration  pour trouver les mots et vous livrer nos Vœux les plus chers. C’est en contemplant notre photo que je les trouve.

 

Que 2019 soit pour chacun de vous

 La plus chaleureuse, la plus rassembleuse 

 La plus mémorable des années,

Et que ce Souhait vous accompagne 

Dans la sérénité et la paix.

 

Comment ne pas justifier l’absence de Maryse et Anthony, les futurs parents et de Thomas qui attend sa sœur très bientôt, la huitième de la G4.

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COMME SI C’ÉTAIT VRAI…

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Notre équipe marche et course « OKIOK Vintage 2018 »

Lorsque l’homme se glisse hors de la couette tout confort avec des allures d’Olympien, vous devinez qu’il mijote un projet.

Sans plus, il se dirige vers la fenêtre où lui apparaît en 3D: Tremblant, sa montagne, sa neige, son télésiège qui s’active allègrement vers les hauteurs.

Déjà vous avez capté les non-dits. Le ciel est bleu. Le temps est doux. Doux? C’est selon l’endroit où vous habitez. Ici, zéro degré ou moins 5, c’est doux. Le soleil transperce quelques petits nuages oubliés. Conditions idéales  pour votre première descente de la saison.

« Si tu veux bien (remarquez l’approche), nous allons  faire une « pratique ». Il n’a pas encore avoué de quoi il s’agit. Vous pensez  24h tremblant, l’événement plane dans l’air.  Après soixante- deux ans de vie à deux, vous avez tout compris : la neige et la montagne parlent d’elles-mêmes. Une « pratique », c’est une sorte de simulation. Vous avez sûrement entendu parler des pratiques  en cas d’incendie ou de tremblement de terre. Mes amis en résidence connaissent ces types d’exercices avec sirènes qui s’évertuent à vous casser les oreilles.

Pour l’homme, une pratique, c’est de revêtir votre accoutrement au complet, incluant mitaines, cagoule, lunettes, etc. Une fois déguisée en skieuse de la tête aux pieds (pas tout à fait). Il vous invite à enfiler vos «impondérables » : ce sont vos chaussures de skis (vos bottes) qui n’ont rien du confort de vos pantoufles en peau de mouton. Moment douloureux  dans votre vie de skieuse, en début de saison. Les enfiler vous donne l’impression que vous placez vos chevilles dans la gueule du loup qui vous les mâchouille sauvagement au fil des heures. Et puis, l’effort de glisser (le mot est fort) vos petits petons dans les carapaces, fait que l’œuf à la coque du petit déjeuner vous remonte dans la gorge à cause des pantalons qui ont sûrement rétréci de la taille en passant chez le Nettoyeur. La persévérance aidant, vous en venez à bout.

Votre ange gardien (l’homme de votre vie) s’assure que les fixations (ce qui retient la botte sur le ski) répondent aux normes de sécurité. Je vous épargne cette étape digne d’une séance d’acrobatie.  À cet instant, «l’important  ce n’est pas la rose, c’est la sécurité » précise votre tortionnaire. «Ce qui importe  c’est que la tension exercée par la fixation soit telle qu’elle cède et libère votre jambe (pied  et botte) au moment d’une chute spectaculaire ou presque… Pour la pratique, vous êtes debout, «sur vos deux pieds » préciserais votre père, ou mieux sur un seul. Je ne vous mentionne pas la série de contorsions requises à ce moment de l’exercice, à savoir quand la fixation cédera à la pression. « la prévention vaut l’effort» vous rappelle le Sage. À qui le dit-il?

La simulation terminée, vous n’aurez plus qu’à chanter : « Tombe la neige » en pensant au « 24h tremblant les 8,9 et 10 décembre,  à vos généreux donateurs, et à votre collecte  de dons destinés aux enfants malades ou dans le besoin. J’oubliais : À l’effort qu’il vous en coûtera. «Mais c’est pour une bonne cause ».

24h TREMBLANT

COURSE À LA COLLECTE DE DONS 2018

4 093 038 $

Dons amassés à ce jour

3 524  skieurs, marcheurs et coureurs 

40 592 donateurs

Une foule de plus de 30 000 personnes

GRAND-MAMAN C’EST À TON TOUR…

Le jour de votre anniversaire, chaleureusement entourée de votre tribu, Iseult,votre petite-fille vous informe qu’elle est en train de vous écrire, précisant qu’elle voudrait que son message soit publié sur votre Blog.

À votre insu, votre visage trahit votre malaise. Iseult pressent votre hésitation. «Grand-maman, depuis toujours tu nous regardes  vivre, c’est à mon tour de te regarder vivre. Je voudrais que tu publies ma note sur ton Blog. Tu parles souvent de nous, tu racontes des anecdotes à notre propos. D’ailleurs, j’aurais aimé intituler mon texte « Grand-maman c‘est à mon tour de te regarder vivre » je n’ai pas osé.

L’argument est de taille. Votre petite-fille est maintenant une ado. Sa réplique vous impressionne et vous questionne. Vous ne voulez pas la décevoir. Si elle vous demande cela, en bonne grand-mère, croyant connaître votre petite-fille, vous soupçonnez qu’elle a sûrement une bonne raison».

Quelques jours plus tard, vous recevez le courriel en question intitulé : « Texte de Bonne fête pour ton blog »

Vous ne vous attendiez pas à ce vibrant hommage. Profondément  impressionnée par la qualité de la narration, vous pressentez l’aveu que votre petite-fille livre entre les lignes. Vous saisissez votre cellulaire. « Iseult, je suis émerveillée et touchée à la lecture de ton message. Dis-moi, qu’est-ce qui t’a amenée à poser ce geste épistolaire? Comment en es-tu arrivée là? »

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Sans l’ombre d’une hésitation, elle vous répond; «Grand-maman je lis ton Blog. À la suite d’une suggestion de Françoise la Comtoise, l’une de tes fidèles amies blogueuses, tu as réussi à   publier 26 notes, chacune ayant pour thème une lettre de l’alphabet. Je me souviens! Tu me confiais avec enthousiasme que, pour chacune d’elles, tu dévorais les pages concernées de tes nombreux dictionnaires; tu épluchais savoureusement les mots les uns à la suite des autres; tu trouvais l’exercice un pur délice, un jeu fantastique».

« C’est à ce moment que j’ai décidé de faire comme toi grand-maman,  d’écrire et aussi comme tu le dis si bien de faire de mon dictionnaire mon livre de chevet. »

Cette fois, l’argument de la petite fille a gain de cause et raison de la grand-mère comblée. C’est à ce moment que vous acceptez de partager cette joie avec Françoise, la cousine de Franche-Comté et de reproduire bien humblement le contenu du texte de Iseult.

Texte de Bonne fête pour ton Blog

Bonjour, mon nom est Iseult. Je suis la plus jeune Walsh de la troisième génération de notre tribu. Aujourd’hui, pour la première fois depuis des lustres, un texte sera écrit à propos de ma grand-mère Pierrette Parée-Walsh. Le 14 septembre 1931, une femme extraordinaire a rejoint notre monde. Cette femme se nomme Pierrette. Personne ne le savait à ce moment, mais Pierrette allait devenir une auteure extraordinaire, une mère merveilleuse, une grand-mère exceptionnelle et une arrière-grand-mère formidable. Ma grand-mère m’inspire énormément. Elle a voyagé le monde, elle a suivi sa passion, elle a influencé tous ceux qu’elle rencontre, elle met du bling partout où elle va, mais surtout, elle apporte de la joie à tous ceux qui l’aime et qui ont la chance de la côtoyer une fois par année comme ceux qui la voie tous les jours. Pierrette est une femme exceptionnelle âgée de maintenant 87 ans, surprenant je le sais elle a l’aire d’en avoir bien moins. Elle est une femme active qui fait encore du ski en hivers et du golf en été. Elle est un symbole de passion, de persévérance, de beauté, de douceur, d’amour et de compassion. Je ne sais pas ce que je ferais sans elle et j’espère ne pas le découvrir bientôt.

Ma chère Grand-maman, je t’adore énormément. J’adore cuisiner avec toi, danser avec toi, rigoler avec toi et même t’aider à faire le ménage, car le simple fait d’être en ta présence me comble de bonheur. J’espère te rendre fière de la personne que je vais devenir. On t’aime grand-maman et l’on ne veut surtout pas que tu l’oublies.

Bonne fête
Iseult ta petite-fille qui t’adore.

            

L’ART DE VIEILLIR…

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« L’art de vieillir consiste à conserver quelques espérances » 

Vous êtes au supermarché. Vous êtes à l’aise dans ces sortes de grandes surfaces, où il y a de tout. De la carte de souhaits au gigot d’agneau, de la baguette de pain à l’ail, au papier hygiénique; en passant par les bijoux, les appareils photo, les chaises de jardin. Il y a de tout, et plus encore, jusqu’aux robes de «bal de graduation» (en saison) pour vos pitchounettes.

Un vendredi soir, comme des centaines de moutons de Panurge, vous vous retrouvez dans ce vaste espace de rêves et d’abondance.

Vous avancez à petits pas. C’est le côté magique du lieu qui vous attire. Au bout de l’allée des friandises  et toutes espèces de sublimes gâteries, surprises!  Vous n’en croyez pas vos yeux. C’est bien le doyen de votre groupe de skieurs.  Sans crier gare, vous l’interpellez haut et fort pour ne pas le perdre de vue, comme s’il était seul, pour vous rendre compte que la moitié des acheteurs au comptoir de fromages se retournent vers l’homme, qui à son tour vous aperçoit. Un monument de taille ne ferait pas plus d’effet, « l’armoire à glace », pour reprendre l’expression, le copain skieur qui vous dit « je te suis » pour mieux vous dépasser au premier virage. L’athlète invulnérable, médaillé seize fois, le danseur qui aurait fait rougir Fred Astaire. Il est là à deux pas de vous, les mains rivées à son panier.

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 Qu’a-t-il de plus que les autres pour recevoir une telle attention? Quatre-vingt-douze ans bien sonnés,  droit comme un chêne, souple comme un roseau, jovial, enjoué,  respectueux et par surcroît,  bel homme notre nonagénaire. De cette beauté qui se mérite avec le temps qui passe.  

Je « reluque » son chariot et me demande ce qu’il fait ici.  Dans le panier d’épicerie, six chandelles d’ambiance et une bouteille de vin. « Des fois que quelqu’un s’arrêterait chez moi. J’aime recevoir ».

Ce soir-là, c’est le souper anniversaire à la « Résidence » et le connaissant depuis des lunes, je suppose qu’il ajoutera sûrement  une gerbe de fleurs qu’il offrira à une dame parmi celles à qui il aura offert le plaisir d’une danse comme au temps de sa jeunesse.

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Notre skieur de haut niveau, élu au Temple de la Renommée du Ski Canadien (Le Temple de la Renommée du Ski Canadien souligne les accomplissements des personnes remarquables qui ont excellé et/ou ont grandement contribué à l’avancement des sports de glisse.), médaillé seize fois et membre de « Ski Bon Âge » nous a quittés le 30 juin dernier, à l’âge de 93 ans.

 « C’est grand la mort,  c’est plein de vie dedans »

Félix Leclerc ».    

 

 

UNE HISTOIRE DE PÊCHE

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Pas dans un lac caché au fond des bois, favori des pêcheurs aguerris comme l’est ma digne et privilégiée cousine Denise. Pas sur les bords  d’une rivière tumultueuse qui favorise le fabuleux lancer à la mouche comme seul, mon beau-frère sait le faire. Non!

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 Dans une spectaculaire « Pourvoirie », tout confort, rien de moins. Tout ce qu’il y a de plus (talons aiguilles) pense mon petit- fils en décrivant l’endroit: Voiturette de golf pour transporter gréements et pêcheurs vers les lieux rêvés; chaloupes spacieuses qui vous attendent au quai, lacs à volonté dans lesquels foisonnent les truites gourmandes mouchetées ou arc-en-ciel. Bref une journée de rêve à rêver les yeux ouverts pour reprendre l’expression.

Pour avoir eu à l’oeil mon « martin-pêcheur » s’affairer aux préparatifs, on a beau dire, il reste que se préparer pour une excursion de pêche  n’est pas une mince affaire. Il lui aura fallu un bon moment sans que je précise la durée pour rassembler l’arsenal diaboliquement enchevêtré, dans les multiples coffrets de pêche remisés depuis des lunes. Cuillers métalliques de formes, de tailles et de couleurs variées; mouches pour experts,  au cas zou;  hameçons en quantité industrielle; moulinets. Et j’en passe. C’est étonnant ce que peut contenir un coffret de pêche. C’est comme une boîte de boutons à coudre. J’ai appris avec le temps que celui dont on a besoin n’est jamais là. Pour le pêcheur et compagnie, tout  est prêt  bien avant l’heure du départ y compris l’huile à mouche. Même le GPS est déjà programmé pour nous mener à bon port sans oublier son Agrippine à la voix suave. (Dans 500 mètres, tournez à gauche puis à droite) Je l’ai maintes fois répété : elle me tombe sur les nerfs. Nous n’arrêtons pas le progrès direz-vous. D’accord!

Pour la pêche, à ce jour, nous avons dépisté deux adeptes inconditionnels : Sinead et William. Invitation lancée, invitation acceptée sans hésitation de la part des deux G3. (3e génération). C’est un départ!

 Deux heures quinze minutes sous un ciel sans nuages et route panoramique d’une beauté sans fin. Vingt minutes pour un accueil chaleureux et cordial de la part des membres de la « pourvoirie; « Briefing » de circonstance pour les besoins de la cause. Nous voilà Sinead, William et les grands-parents assis dans la spacieuse chaloupe. On nous a même indiqué sur une carte, quelques petits endroits de prédilection. La pêche sera bonne. Les truites nous attendent, ce n’est pas peu dire!

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De son œil de lynx, n’écoutant que sa mémoire, la grand-mère (moi) s’offre le plaisir de proposer l’endroit précis ou jeter l’ancre, grâce à une leçon de pêche 101 intitulée « où se cachent les truites » dispensée par son regretté beau-père, un pêcheur invétéré. La leçon porte ses fruits. Un jour, elle a  même décroché le trophée tant convoité de la prise de la plus grosse truite au sein d’un groupe de pêcheurs journalistes membres d’un magazine spécialisé, à l’occasion d’une excursion de pêche. On ne rit pas.

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Une fois l’ancre jetée, ce que l’homme de ma vie n’a pas prévu: c’est l’ardeur qu’allaient mettre nos deux mousses à sortir les poissons grâce aux astuces transmises secrètement par l’éminent  guide de la pourvoirie. Et vas-y grand-père, c’est presque la pêche miraculeuse. Le temps de poser le vers bien dodu sur l’hameçon, de descendre la ligne à l’eau, attendre que la pitchounette morde et  hop là! Notre Saint-Pierre fait le reste. Le reste c’est dans l’embarcation que cela se passe.

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Le Saint-Pierre (patron des pêcheurs), si j’ai bonne mémoire (l’homme dans les circonstances )épuisette en main, il a beau être agile, il lui en faudrait deux pour suffire à la demande des trois pêcheurs qui semblent ne pas avoir une minute à perdre. Le temps d’enfiler un ver et de lancer la ligne à l’eau et c’est reparti de plus belle.

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Si vous me demandez de résumer notre journée?  Je réponds fantastique, inoubliable et mémorable à cause des anecdotes et du plaisir d’être ensemble à partager une expérience formidable. 

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Je vous invite à deviner le poids de la plus grosse truite pêchée?

Combien en avons-nous pêché à nous quatre?

Soyez assurés que je serai enchanté de lire vos réponses. 

UN SOUFFLE DE VIE

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Une tige interminable, quelques feuilles, une minuscule fleur qui regarde la lumière, un fruit à peine perceptible (la pièce de monnaie). Voilà ma seule et dernière lunaire: Lunaria Rediviva,( lunaire vivace).Affectueusement appelée: monnaie-du-pape.

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La présence au bercail de cette jolie plante, appréciée des fleuristes, remonte à1958. En se propageant allègrement, elle a tôt fait de régner en maître à l’époque. Pouvez-vous croire que depuis plus de soixante ans, fidèlement,  ma «monnaie-du-pape » de la famille des crucifères occupe une place de choix dans l’espace « jardin d’autrefois » composé de cœurs saignants, d’hortensias, de lanternes chinoises et d’hémérocalles.

Cette année, à mon grand étonnement,  je  n’ai  retrouvé qu’une seule lunaire en fleurs et en feuilles qui a survécu aux assauts de l’hiver. «Je me dois de sauvegarder et protéger la petite chérie, porteuse des éphémérides de la tribu. Il en fallut de peu pour que ma «résiliente» disparaisse à tout jamais. Un souvenir vieux de 60 ans, que m’offrit Évelyne, ma voisine. En ce temps-là, le printemps venu, les nouveaux arrivants que nous formions dans le patelin, échangions de jeunes plants ou des graines de semence pour enjoliver rocaille, jardinet, platebandes.

Ma lunaire déracinée, « esquintée » dans le transport vers le refuge, allant jusqu’à perdre sa tête fleurie, n’est plus qu’une longue tige dépouillée de ses atours.

Morale de l’histoire! Il m’aura fallu voir surgir ce petit souffle de vie. Cette toute petite chose obstinée à occuper sa place au soleil, pour que je me réapproprie le temps qu’il faut,  un temps qui n’a pas son pareil pour vous adresser une note, vous raconter et vous rappeler que je pense à vous tous.

Je vous souhaite un agréable mois d’août en perspective.