Je constate ne pas être seule à expérimenter. Regardez-moi cette photo. Est-elle assez grande merci? Ce qui m’enchante, une fois les larmes séchées et le sourire retrouvé, c’est le coffret de crayons couleurs. (A). Depuis des lunes que je le cherche. Je vous souhaite une bonne nuit. Moi, je vais dormir sur mes lauriers, heureuse d’être là et en couleur.
Catégorie : LA VIE AU JOUR LE JOUR
LE BONHEUR DU JOUR
JE VEUX SAVOIR
Les filles, les cousines, aidez-moi! Biche, Framboisine, Charline, Françoise la comtoire, Jacqueline. Je suis taguée, mais je ne sais pas pourquoi on est tagué et ce qu’il faut faire au juste. Je veux bien jouer le jeu. Quel est l’origine de ce jeu. Qui tague t’on et pourquoi?
En attendant que vous éclairiez ma lanterne, je vous livre ces photos prises le jour de la Saint Patrick, à la porte de notre « refuge » voyez la « navette » fort originale, le chauffeur également, vous conviendrez. Il nous a conduits (après une journée de ski bien remplie) au Pub irlandais de son propriétaire pour y boire une Guinness et déguster un Irish stew.
Il fallait nous entendre rire et chanter: » When irish eyes are smiling »
Pouvions-nous refuser de monter à bord?
LE PREMIER PETIT BONHEUR 2009
Pour la première fois de votre vie de couple (52 ans bien sonnés), vous vous retrouvez seuls pour accueillir la Nouvelle Année. Pas que vous soyez abandonnés par votre tribu, la parenté ou vos adorables amis. Dans le passé « vous receviez » comme disait votre mère. C’était chez vous qu’avait lieu le « party ». Vous y déployiez tous vos talents d’hôtesse, de cuisinière et tout votre amour. Au fil des ans, vous vous étiez donné, une sorte d’engagement moral de ne pas laissez tomber cette tradition.
Cette année, la veille même du Nouvel An, à l’heure de l’après-ski et de l’apéro chez des amis forts sympas, enivrée par l’ambiance du temps des fêtes qui règne dans la pièce, tandis que le bon vin fait son chemin, les remords remontent à la surface. Vous découvrez du coup que quatre couples d’amis sur cinq sont seuls pour trinquer sur les 12 coups de minuit. Vous passez à deux cheveux d’ouvrir toute grande votre porte. La voix vous manque. Je ne vous ai pas encore dit, que vous et l’homme souffrez d’un mal de gorge sur le point de dégénérer en laryngite et quoi encore et, ce que vous ne savez pas, c’est que dans l’heure qui suivra, vous serez devenus complètement muets. Pire, « complètement malade » comme dans la chanson.
Au retour, dans votre « refuge pour âme », n’écoutant que votre sagesse habituelle, vous vous retirez sous la couette, à l’heure ou la population entière se fait une beauté. Là , dans les bras l’un de l’autre, vous sombrez dans un sommeil profond.
11 h 58. Non! Vous ne rêvez pas. C’est la sonnerie du téléphone. Une délicieuse voix vous interpelle : « Grand-maman nous traversons chez toi accueillir la nouvelle année ».
Vous avez perdu la voix, mais vous n’avez pas perdu vos réflexes. Vous voilà hors du lit, debout à l’entrée.
Sur les 12 coups de minuit, sans voix, mais les yeux remplis de joie, vous avez sablé le champagne avec deux des amours de votre vie.
Si je vous ai raconté cette anecdote, c’est surtout pour vous faire voir les photos d’un moment inespéré et inattendu. Un moment débordant de tendresse de la part de nos petites-filles Sinead et Monika.
C’est ainsi qu’à minuit et quelques secondes, nous vivons notre tout premier petit bonheur 2009.
BONNE JOURNÉE À TOUS
Nos hivers québécois nous réservent souvent des surprises. Ce matin, il pleut et le thermomètre indique + 9. Nous profitons de ce temps chagrin pour fabriquer notre bonhomme de neige hivernal qui, nous l’espérons, tiendra le coup durant les semaines à venir sans fondre au soleil.
Nos ados : Monika, Rachel et Anthony s’en donnent à cœur joie.
Un petit repos sous l’oeil attendri de leur Bonhomme de neige.
Il manquait les boutons, on a fait appel à la grand-mère.
POUR NOËL, UN CADEAU SURPRISE
OU LES ÉCUREUILS, OU LES CONFITURES
Il y a un mois, tout y a passé : figues, raisins, groseilles, prunes, pommes et j’en oublie. Vous avez deviné! Les écureuils ont profité de notre absence pour se gaver comme des goinfres.
Il fallait entendre le ton de mon producteur-fruitier quand il a ramassé le misérable noyau du dernier coing qui gisait à moitié croqué, sur le sol gelé. Le fruit n’étant pas assez mûr au goût de la bestiole.
Le verdict est tombé, le sort est jeté. Les yeux tournés vers la cime, l’homme de ma vie m’annonce qu’il escaladera MON arbre.(Vous ne vous trompez pas, j’ai bien dit MON arbre, témoin de 50 années de vie à deux, producteur annuel de MON quatre litres de sirop d’érable et de ma plus belle zone d’ombre et de fraîcheur estivale,) non pas pour y cueillir quelques feuilles emblématiques aux couleurs d’automne pour me les offrir, une fois redescendu sain et sauf, mais pour démanteler l’amas de feuilles et de brindilles tissé serré dans un embranchement et qui sert de condo à nos indésirables quadrupèdes rongeurs pourtant si jolis.
Mon petit côté écolo se rebiffe à la pensée de déloger nos locataires juste avant la saison hivernale. Ce geste, presque inhumain à mes yeux, il le pose au moins deux fois l’an; au printemps et à l’automne. À chaque saison, le ramassis de feuilles est érigé de plus en plus haut dans l’arbre comme pour défier la hauteur de l’échelle.
Ce matin, je jette un regard sur MON érable dénudé et, que vois-je? Pas un, mais deux condos perchés non pas sur des branches le long du tronc et accessible pour mon malfaiteur. Plutôt, ils sont greffés à des hauteurs vertigineuses et cette fois inaccessibles.
Je me demande s’ils n’ont pas fait exprès pour déjouer mon prédateur et passer l’hiver en toute quiétude.
UN BEAU DIMANCHE AUTOMNAL
Dans les Laurentides et surtout à Tremblant, il n’y a pas que les chevreuils qui nous font tomber dans les pommes. La nature est à son paroxysme et j’ai pensé vous inviter dans notre forêt presque enchantée tellement elle est colorée et invitante. Nous irons jusqu’à « La Diable ». Quel joli nom pour une rivière sinueuse à souhait.
Je vous invite à nous suivre…
Courage. Fredonnons ensemble la très belle chanson de Ferland: Un peu plus haut, un peu plus loin.
Prêtons l’oreille au bruissement des feuilles sous nos pas
La Diable se fait frileuse à l’approche de l’hiver
Sinead vous remercie de nous avoir accompagnés.
LE RITUEL DU REPAS
Pour souligner la saison des récoltes, j’ai demandé, un jour, à la théologienne, France Quéré, auteure de nombreux ouvrages dont : Famille, publié aux Éditions du Seuil, de nous inviter à réfléchir sur la façon dont nous vivons le repas dans le quotidien.
Je vous livre sa réflexion.
Est-ce une infirmité ou une grâce? L’homme se nourrit trois fois par jour. Et comme rarement il se dérobe à cette obligation, trois fois par jour il lui est donné d’arrêter son ouvrage, de s’asseoir, de mordre dans des fruits agréables, et s’il n’est pas seul, de s’adonner aux plaisirs de la conversation. Je sais qu’il y a des peuples qui dinent silencieusement (même en pique-nique), comme les Danois, et d’autres, en Afrique, qui se réfugient dans la solitude pour manger, tant cette opération leur parait impudique. Mais ils sont des exceptions et cette petite assemblée, ces douces nourritures, ces voix qui se répondent apportent tous les ingrédients d’une fête peu dispendieuse, que peu d’entre nous tiennent à manquer.
C’est l’heure du petit déjeuner de l’Action de Grâces
Les femmes le savent, qui embellissent leur table avec du linge propre, des objets étincelants ou des fleurs, sans parler des plats bien composés en forme de rosaces ou de frises. Elles se félicitent secrètement d’être ainsi les organisatrices de ces modestes célébrations qui, sauf accident, mettront de l’allégresse au cœur de chacun.
Trop belle est l’occasion : ils sont là rassemblées, heureux d’être assis et de suspendre leurs obligations, prêts à porter à leurs lèvres les mets préparés; la table est le lieu où se disent, sur le ton badin, et sans abîmer la joie légère qui y fleurit, les vérités qu’on veut exprimer, les reproches lancés comme des « billevesées », si on le peut. Car c’est encore la meilleure façon de se faire entendre. On peut aussi y raconter des histoires un peu longues, commencées aux entrées et accaparant le plat de résistance. C’est d’ailleurs ce que faisaient les Anciens agrémentant leur repas par des récitals de chansonniers ou des récits de voyageurs.
Chacun s’exprime librement et sans demander son tour de parole. Il suffit «qu’un ange passe » : Il donne le droit au discours, à condition que l’on ne barre pas trop longtemps le passage à l’ange suivant. La spontanéité éclate, les fâcheries se défont, sous le contrôle
d’arbitres parfaitement neutres dans le conflit et qui font taire les belligérants s’ils crient. La mère ou quelque aîné veille au grain, et corrige à table les injustices sociales qui sévissent là comme ailleurs : le plus grand n’en finit pas de narrer sa journée, la cadette s’est servie la première, et le petit dernier a encore profité de l’inattention générale pour essuyer sa cuillère à la nappe. Tous ces délits sont patiemment jugés et sanctionnés, autant de fois qu’il faut. C’est une éducation par imprégnation qui se donne là plutôt que par imposition et c’est la meilleure! On apprend à faire des parts égales dans les mets et les mots et à se tenir soi-même avec le plus de modestie possible. Si quelque chose de spécifique se déroule à table, c’est à la fois la gaieté du rassemblement, la justice des parts égales que l’on y taille et les rites de la politesse, qui ne sont pas des conventions mais des convenances, puisqu’ils sont dictés par le souci de ne pas offenser le voisin avec une tenue grossière. Je ne sache guère d’occasion qui nous apprennent à mieux « traiter » notre prochain que le repas au sens littéral de ce verbe qui signifie anciennement « recevoir à sa table ».
Qui eût cru qu’il y avait un peu de décalogue dans les sauces et les fromages?
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Le rituel du repas, france Quéré, publié dans le magasine « Fermières » octobre 1990
SA TABLE EST MISE
L’INVITÉ SURPRISE

