UNE HISTOIRE DE PHOTO

 

Un jour, au mois de juin 2007, à la veille de l’été, la tiédeur du soleil aidant, vous vous plaisez à rêver de moments qui ont égayé votre enfance.

Soudain surgit de votre mémoire le souvenir d’un personnage inoubliable : la fougueuse tante Joséphine qui semait la panique chez votre mère, juste à penser qu’elle arrivait dans les parages.

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C’est à cet instant que vous décidez de parler d’elle sur votre blog: «Tante Joséphine et les pique-niques à l’Anse-à-Gilles ». (Voir archives : Catégorie aventure, 02 06 2007) Vous regrettiez à l’époque de ne pas avoir une photo de la Divine.

Cinq ans plus tard, vous faites la connaissance de Denise « votre nouvelle cousine 2012 », avec qui vous savourez la joie des retrouvailles et le plaisir de plonger têtes premières, dans les racines profondes de vos arbres généalogiques.

Malheur! Vous découvrez que cette Denise, votre nouvelle cousine n’est pas tout à fait votre cousine, mais la cousine de votre mère. Heureuse nouvelle, elle devient votre petite-cousine, vu que son père est le frère de votre grand-père.

Vous avez beau vous creuser les méninges, et comparer vos âges, vous avez beau vouloir être des cousines, Denise est née le 5 septembre et vous le 14. Vous êtes du même mois et de la même année, mais une génération vous sépare, puisque votre mère est la nièce de sa mère et sa mère, la tante de la vôtre.

Tout cela n’est rien. Le comble de la surprise est d’apprendre que Denise est la nièce de tante Joséphine, celle-là même qui se valut une note sur votre blog.

Si je vous raconte cette anecdote, c’est que Denise et Jean, son mari (votre petit-cousin par alliance)  ayant entendu parler maintes fois de vos amis blogueuses et blogueurs, ont voulu faire la connaissance de ce célèbre Grillon en visite au Québec. Ils ont donc profité de votre passage dans la Vieille Capitale, pour souhaiter la bienvenue à votre visiteur et l’inviter à leur table. Soit dit en passant, votre «  nouvelle cousine » (prononcée affectueusement) est une hôtesse et  cuisinière hors pair.

Coup de théâtre de la part de Denise. Entre la poire et le fromage pour reprendre l‘expression, sans crier gare, Denise brandit une enveloppe contenant la précieuse et rarissime photo d’une jeune fille dans la fleur de l’âge, prénommée Joséphine. Relique qu’elle lègue à tout jamais devant témoins à sa petite-cousine — vous — la petite-nièce de la grand-tante, puisque Joséphine « la consanguine » est la sœur de votre grand-père et la tante de votre mère.

 À bien y penser, il aura fallu à la Joséphine et son port altier, attendre plus d’un siècle pour que sa photo auréole une note et traverse l’écran.

Mission accomplie, cousine. Pardon! Petite-Cousine. Je dis mieux : merci pour tout!« ma nouvelle cousine 2012 ».

QUAND L’HUILE REMPLACE LA NEIGE

 

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Après avoir rangés ses skis, notre octogénaire de Jean-Claude,  transpose sur la toile sa passion hivernale.

Bonjour Pierrette

« J’ai pensé que tu aimerais voir ma toute dernière création : LA TABATIÈRE DU MONT ÉDOUARD si tu te souviens, lorsque nous l’avons skiée ensemble, on la connaissait comme la piste # 6. Celle qui a un dénivelé assez prononcé au début pour virer à droite dans un couloir étroit et de là, vers la gauche dans un mini couloir, avant de déboucher sur la section du bas, ouf!  Tout d’un trait sans arrêt, comme des pros. »

Tu as raison Jean-Claude. Je n’oublierai jamais cette descente vertigineuse. Ce jour-là, J’ai savouré le plaisir du dépassement.

LA TOMATE VÉNITIENNE

 

 

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Vous raffolez des tomates, surtout en saison.  (Votre raton laveur aussi.) 

Vous les aimez fraîchement cueillies, gorgées de soleil, coupées en belles  tranches, parsemées de pointes d’ail écrasé, de persil ciselé, de fleur de sel de Camargue , de poivre du moulin et arrosées d’un filet d’huile d’olive de Provence provenant -pourquoi pas –  du moulin à huile de «La Balméenne situé à Beaume-de-Venise, en souvenir de votre passage guidé par Christian, le Grillon Heureux..

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Pour revenir à vos tomates, vos amis blogueurs, se souviendront de Jean-Baptiste, l’horticulteur et cousin de l’homme de votre vie. Vous lui rendiez visite l’été dernier. 

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Ce jour- là, le cousin vous a remis la toute dernière merveille de son jardin appelée “tomate vénitienne”. Rien à voir avec Venise et ses canaux.

Vous avez deviné.  De retour au bercail, n’ayant jamais entendu parler de cette variété de tomates et  n’écoutant que le jardinier qui sommeille en lui, l’Homme  retire – sur le champ – chacune des précieuses graines du cœur de la divine tomate, en vue de les mettre en terre, la saison venue.

Les hommes s’entraident, c’est bien connu. Dans la meute de skieurs, il y a toujours celui qui sait faire, preuve à l’appui…La “tomate vénitienne” en laisse plusieurs pantois. Cette variété, c’est du jamais vue.  Jacques,  le sportif émérite et bon vivant, 

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 n’est pas “l’homme qui plantait des arbres” que l’on voit sur le célèbre tableau de Frédéric Back. Jacques est l’électricien retraité qui a développé l’art de cultiver des tomates urbaines, pleine hauteur.   “Apportez-moi les graines et j’en ferai des arbres!”

Vous exagérez. Jacques n’a pas dit cela. Il a dit : »  apportez- moi vos graines de semence, je “partirai” vos plants. Une  fois dans votre jardin, comme les miens, vos pieds de tomates atteindront une taille vertigineuse, parfois jusqu’à huit ou 9 pieds » et produiront une cinquantaine de tomates chacun ».

Dans sa « pouponnière à tomates », il faut entende Jacques vous décrire avec amour et passion toutes les attentions que réclament les embryons, tous les soins qu’il procure aux jeunes pousses, le temps qu’il consacre à les « paterner», à les nourrir, les regarder grandir. Mais si j’en crois ses propos, c’est au moment où il rend à tout un chacun son pied de tomates fort et vigoureux qu’éclate sa joie, celle de vous avoir fait plaisir.    

…JAMAIS DE TROP POUR GOÛTER AU SIROP…

 

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C’est le temps des sucres au Québec.

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Depuis les années 1994,

notre rendez-vous annuel, à l’incontournable  et célèbre

Cabane à sucre de la famille Éthier, 

Rang Saint-Vincent, Mirabel, 

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est synonyme de retrouvailles amicales et familiales,

l’occasion de nous « coller » les uns aux autres,

de lever nos verres, de faire bombance et

de réchauffer nos amitiés.

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Au menu de ce savoureux repas gargantuesque,

il y a la soupe aux pois accompagnée de pain chaud,

la célèbre omelette de Germaine

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qui ferait sûrement rougir

  la  Mère Poulard, du Mont-Saint-Michel,

célèbre dans le monde entier

pour ses omelettes »,

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le jambon à l’érable, les oreilles de crisse.

Le bacon croustillant comme on l’aime,

les délicieuses fèves au lard, les pommes de terre rissolées,

les marinades maison,

les grands-pères au sirop d’érable, les crêpes légères à souhait,

le tout couronné de savoureuse tire d’érable sur la neige.

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 Pour apprécier pleinement ce rituel ,

il est bon de se rappeler l’origine des sucres.

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Sylvain Éthier, le fils de Germaine, pour qui le métier n’a plus de secrets

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On dit qu’avant les années 1700 les Amérindiens savaient déjà, extraire la sève de l’érable et la concentrer. Les premiers colons apprirent d’eux la fabrication du sucre d’érable.

De nombreuses légendes toutes plus savoureuses les unes que les autres racontent comment les Amérindiens découvrirent le secret « de cet arbre qui pleure du sucre en larmes de cristal »

Je vous livre à ce sujet les propos de Marie-Victorin, grand naturaliste et savant québécois, auteur illustre de la « Flore laurentienne,

Marie-Victorin affirme carrément que les Amérindiens apprirent de l’écureuil roux l’existence du sirop et de la tire d’érable. En effet, lorsqu’une branche d’érable à sucre casse sous le  poids du verglas, la blessure causée coule au printemps. De cette entaille naturelle, la sève suit toujours le même trajet parfois même jusqu’au pied de l’arbre. Jour après jour, le chaud soleil printanier évapore l’eau et il ne reste finalement qu’une « trainée » de tire d’érable que les écureuils roux lèchent goulûment.

Le comptoir des douceurs sucrées06-L1020470.JPG

Voir album: Cabane à sucre

AINSI VA LA VIE…

 

Ce matin, lundi 4 février. Je suis au bercail, la maison de toujours.  Elle a vu grandir nos trois moussaillons, les a regardés devenir adultes, puis parents. Maintenant comme nous, elle prend de l’âge, nous voit vieillir…

 Dehors, il fait un « froid de loup » et un vent à « décorner les bœufs » pour reprendre une expression familière « qui dit bien ce que cela veut dire » ajouterait tout bonnement mon beau-père.

Le climat aidant, j’ai décidé de prendre les bouchés double : classer mes papiers, chercher quelques recettes d’entant, peaufiner certaines notes laissées en plan, feuilleter mon : Notre Temps, tout  juste livré et, terminer la journée en écoutant « des racines et des ailes » sur TV5.

J’y pense! si  le cœur vous en dit, allez voir le film « Le quatuor ». Vous ne le regretterez pas. Tendre, magnifique, tourné dans une résidence « British » de musiciens et chanteurs retraités. Ce qu’ils sont beaux ces acteurs et actrices affichant leur âge avec fierté. L’homme et moi avons adoré et longuement commenté.

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Je m’arrête un moment pour vous raconter. Ce week-end, nous fêtions le dix-huitième anniversaire de naissance de William. En 1995, à  l’occasion de son arrivée dans la tribu, James un ami de Patrick (notre fils) offrit, un coffret contenant deux portos.

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Le premier pour célébrer la naissance du poupon et lever un verre de bienvenue à cette petite vie qui prend place. Le deuxième porto devant être précieusement conservé et offert à William le jour de ses 18 ans. Mission accomplie.

Après avoir soufflé ses dix-huit chandelles

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en présence de Cynthia sa petite amie, de Raphaël, son copain et de plusieurs de la tribu,

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William reçu le mystérieux coffret, pour y découvrir cette précieuse bouteille, sauvegardée durant d’interminables années, en attente de ses 18 ans.

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Muni de la traditionnelle pipe à porto, le héros de l’heure nous invita à partager ce moment mémorable en trinquant à ses 18 ans.  

En ce moment, il fait un soleil radieux inondant le « living » invitant à prendre la vie comme elle vient.

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Cela me fait penser de vous parler de ces coutumes et traditions que nous transportons de génération en génération! Bien que Noël soit derrière nous, j’aimerais vous raconter l’histoire de mes dix Jésus de cire à offrir, « en  main propre », à nos « héritiers » pour reprendre une expression patrimoniale.

Je l’ai répété mille fois : Noël ne serait pas Noël sans ses crèches et ses Jésus de cire. Un jour, dans mes notes (archives 14-12 2007), je vous racontais ma visite chez une religieuse qui fabriquait des enfants-rois. Dieu soit loué!

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En 1985, Sylvette Chanel, une talentueuse dessinatrice de mode et généreuse artisane, a pris la relève, heureuse de perpétuer l’œuvre de sœur Sylvia Rondeau.

Mais d’abord, comment est venue l’idée d’offrir des Jésus de cire?  Au fil des années, au temps des Fêtes, j’étais attendrie par le regard admiratif de notre ribambelle de descendants contemplant le célèbre poupon sous tous ses angles et, craignant voir disparaitre dans la nuit des temps, le traditionnel Jésus de cire fait main, nous avons pensé offrir à chacun, cet objet d’art, créé des mains de Sylvette Chanel, et dont les cheveux sont les leurs quand ils étaient petits. 

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Bon, il faut bien que je retourne à mes oignons. Mes corvées sont en train de gruger le reste de ma journée.

Le croirez-vous? Nous sommes déjà mardi. Le soleil est fidèle au rendez-vous, mais le temps est frisquet. Je vous livre enfin ma note et vous souhaite ce soir, un clair de lune à faire rêver.

LE CANETON DES LAURENTIDES

 

 

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Cette année, les 82 ans de l’Homme  n’ont pas passé inaperçus. Pour souligner son anniversaire d’une façon exceptionnelle, rien de moins, ont proposé Claude et Cindy, qu’une invitation chez Olivier Tali, membre de l’Ordre des Maîtres Canardiers et chef propriétaire du « Cheval de Jade », un resto d’ambiance, situé à Tremblant, pour y déguster une spécialité de la maison, le célèbre caneton des Laurentides apprêté à la rouennaise.

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 Une découverte gastronomique exaltante. (Soit dit en pensant, l’Ordre des Canardiers compte actuellement quelque 300 Maîtres Canardiers dans plus de 30 pays ou régions à travers le monde.)

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L’ hôtesse,  Frédérique Pironneau , originaire de la Vallée de la Loire et compagne de Olivier, se voit accorder tout le brio que mérite cette sommelière qui, le moment venu,  propose un millésime se mariant merveilleusement bien aux saveurs d’un met sublime.

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 Tout en préparant sous nos yeux émerveillés, ce plat digne des dieux, le renommé chef, originaire du sud de la France  nous raconte : « À l’origine, dans le Val de Seine, ce caneton a pris naissance grâce aux ébats de jeunes cannes de basse-cour séduites par des rapides et vigoureux canards sauvages. Le fruit de ces amours est de taille moyenne, mais offre une forte poitrine, de petites cuisses et un sang abondant ».

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Le Maître Canardier  précise que ses canetons sont élevés par un producteur de la région.  Qu’ils sont numérotés et pour respecter la tradition, le fin gourmet recevra une attestation mentionnant le numéro de l’oiseau qu’il aura dégusté.

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Le «  numéro 1258 » est un caneton de huit semaines.

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Après avoir retiré les magrets, ce qui reste de l’oiseau,

 

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la carcasse, sera coincée dans un petit récipient réservé à l’usage de la presse à canard, pour être soumise à une pression de quarante kilos afin d’en extraire (oh merveille!)

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tout juste quelques onces d’un précieux et rarissime jus.

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Il incorpore à sa bordelaise flambée au cognac, un jus de citron et du Porto, puis l’agrémente d’un beurre de foie gras, pour finalement la lier avec le jus de cuisson du caneton.

Un pur délice!

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 L’important dira Olivier Tali :

« que l’assiette est une âme ». 

BAIE-SAINT-PAUL DANS L’OEIL DU PEINTRE

 

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Vous, qui visitez mon blog, vous reconnaissez sans doute Jean-Claude, ce peintre du dimanche.  Je dis « du dimanche » parce que les jours de semaine, ce talentueux octogénaire, s’adonne à la marche et au vélo durant l’été et l’hiver venu, notre skieur alpin s’en donne à cœur joie dévalant les plus hauts sommets de nos massifs laurentiens.

 

Malgré toutes ses activités sportives, l’artiste ne s’éloigne jamais de ses toiles et de ses pinceaux. .C’est lui, le bon samaritain, qui recrée, année après année ses célèbres « crèches de la nativité », aux personnages à taille humaine, qu’il érige sur le parvis de son église (et de celle de la paroisse voisine),  rappelant ainsi une incontournable tradition du « temps des fêtes ».

 

L’œil aux aguets, le photographe glane au fil de ses randonnées : un paysage, une chute bouillonnante, une rivière tumultueuse, un champ de blé, une maison ancestrale, une scène d’hiver, qu’il immobilisera ensuite sur ses toiles pour en faire des tableaux recherchés.

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 C’est à Baie-Saint-Paul, à 100 km à l’est de Québec qu’il s’est attardé dernièrement. Là où commence vraiment le pays de Charlevoix un relief fortement marqué dominant le fleuve Saint-Laurent jusqu’à l’embouchure du Saguenay.

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 On dit de Baie-Saint-Paul qu’elle est l’une des plus coquettes municipalités de la province. Comme de nombreux et célèbres peintres, les Clarence Gagnon, les Marc-Aurèle Fortin, les Jean-Paul Lemieux qui ont immortalisé Baie-Saint-Paul et ses paysages et dont les oeuvres figurent dans des musées et collections privées partout au Canada,

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 Jean-Claude Laverdure n’échappe pas au charme de ses rues colorées et pittoresques. Rien d’étonnant que ce joyau de notre province soit devenu un paradis pour les artisans, les photographes et les peintres.

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Notes précédentes:Toutes les archives: Gens de mon pays.

 

LE BON CURÉ FUT EXAUCÉ

Un de ces quatre matins, je reçois ce courriel de Jean-Claude :

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En primeur! Une photo des personnages de la crèche de «Ta paroisse » que le bon curé a su obtenir d’un paroissien de Saint Pie-X.

Le « paroissien », c’est Jean-Claude,  l’auteur de cette scène de la Nativité dressée l’an passé, sur le parvis de son église, faisant la joie et l’orgueil des paroissiens.

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Voir à la rubrique – Archives : toutes les archives: Les gens de mon pays – 18-12-2010 « Joyeux Noël à tous »

Je reviens à ma primeur: Un premier jour de décembre, le pasteur responsable des brebis de ses deux paroisses, faisant mine de rien, glisse à l’oreille de son talentueux fabricant-donateur :

« Ils ont de la chance, les paroissiens de Saint-Pie X.  Ils ont une belle crèche pour les accueillir à la messe de minuit. Ce serait bien que les paroissiens de Saint-Martin en aient une, eux aussi ».

Le message est livré.  Jean-Claude n’en est pas à sa première BA (bonne action chez les scouts). « Monsieur le curé, sans mûre réflexion, j’accepte volontiers. Vos paroissiens auront la leur. Mais à une condition que vous ne deveniez pas le curé de neuf ou dix autres paroisses. À ce moment-là, j’hésiterais peut-être.

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Ce n’est pas d’hier que l’artiste met son talent à l’œuvre, bâtissant d’année en année de fabuleux décors pour enjoliver sa maison, égayer son entourage et insuffler une âme à ce “Temps des Fêtes”.

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Mission accomplie. “Escorté »de ses champions, le grand-papa skieur aura plus qu’à s’en donner à cœur joie, dans la neige.Orford%25202010%25205%2520des%25209%2520petits%2520enfants.jpg

LE FUSIL À PATATE

 

 

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Si vous avez eu le bonheur d’avoir un grand-père « ratoureur » comme celui qu’a eu André, le père de Monsieur Gendre, vous avez surement eu la chance de recevoir en héritage un « fusil à patate ».

 

Un jour, à l’occasion d’une fête où chacun s’y donne à cœur joie, racontant des anecdotes et souvenirs d’enfance; André, faisant l’éloge de son « fusil à patate » nous promit d’apporter le trésor et nous offrir une démonstration de son engin de guerre, le fusil à patate..

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Hier soir, l’occasion étant propice, l’héritier s’amène et, fièrement, dépose l’arme sur la table. « Voilà mon fusil à patate », dit-il d’un ton vainqueur comme s’il avait gagné la bataille des Plaines d’Abraham.

 

Un bardeau de cèdre et une plume d’oie, voilà l’essentiel des matériaux nécessaires pour confectionner le joujou et en faire une arme redoutable. Nous voilà tout pantois devant ce qui pourrait être n’importe quoi sauf une arme de conquête.

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« Maintenant, allez me chercher une patate » on ne refuse pas un ordre quand il vient d’un homme armé.

Le commandant attaque le tubercule d’une main ferme et le taille en tranches minces, juste la bonne épaisseur. C’est ici que la science balistique entre en jeu. C’est au tour de la plume d’oie de jouer son rôle, celui de canon tandis que le bâtonnet taillé dans le bardeau, devient chargeur et détenteur.L1030975.JPG
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Sous le regard de ses spectateurs conquis, étonnés d’entendre ces projectiles percutants, André, notre artilleur émérite, fait revivre ce jour-là, le « fusil à patate » de son grand-père.

LE CANARD DE BOIS

 

Grâce à vous et à Héraime et à l’exposition pour la fête de Chalain, ce déploiement de talents me fait penser au très beau message de l’écrivain Louis Caron, livré en hommage aux artisans,  lors d’une entrevue qu’il m’accordait à l’occasion de la parution de son œuvre « Le canard de bois ».

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« Plus nous avançons dans le cours de notre civilisation, et plus le geste de fabriquer à la main un objet unique prend de sens.  Ce n’est pas que nous manquions de moyens pour produire à la chaîne des machines efficaces et je ne veux nullement nier l’apport considérable des sous-produits du pétrole à notre confort quotidien.  Cependant, chaque fois qu’un artisan se penche sur l’objet de sa création, il fabrique un barreau de l’échelle que nous entendons dresser à l’assaut du mystère de la vie.

Ceux et celles qui ont conservé le sens religieux, croient que la flamme d’une petite lampe allumée en temps opportun dans un endroit convenable, peut constituer un moyen efficace de se maintenir en rapport avec l’au-delà.  Les autres misent sur les loteries, l’astrologie ou les résultats sportifs pour atteindre les mêmes fins, qui sont celles du dépassement de sa condition quotidienne. Mais dans un cas comme dans l.’autre, chacun confie à des objets – lampions, billets, carte du ciel ou chandail numéroté – une valeur de représentation de ses aspirations.

Mon père qui se voulait grand chasseur, est mort en emportant dans sa poche une pièce de cinq cents déformée par l’impact d’une balle de ’22 en son centre.  Quand j’étais enfant, il sculptait pour moi des petits paniers dans des noyaux de pêches.  Et pourtant cet homme ne pouvait être rangé dans la catégorie des superstitieux notoires. Mon père cherchait simplement à baliser le cours de sa vie de signes familiers auxquels se référer en toute circonstance.

II en va de même des artisans.  Chaque fois qu’un homme, qu’une femme consacre toutes ses énergies à fabriquer l’objet unique, le monde s’éclaire d’une signification nouvelle. Une trace, un signe, sur la paroi du jour et c’est comme si on entendait un souffle, un cri : « je vis, j’ai vécu ».

Il aura fallut que le véhicule spatial Challenger explose en plein vol quelques secondes après son départ, pour qu’on mesure l’envergure de l’entreprise.  Comment voulez-vous, dans ce contexte, qu’on oublie pas facilement ce qu’a pu coûter d’efforts et d’intensité la courbe, le poli, l’angle, le reflet ou la finesse de tel ou tel objet.

Pour ma part, c’est pour cette même raison que je conserve sur mon ordinateur, un vieux clou rouillé, un clou carré fabriqué à la main par un forgeron, un clou que j’ai trouvé en retournant la terre de mon jardin.  Dans le contexte de mon écriture, ce clou me rappelle que les mots s’enfoncent un à un dans la page, avec toute la ferveur du geste de l’artisan ».